Moi aussi j’ai parfois du mal à trancher quand il s’agit de décider du thème de ma chronique. J’ai hésité.

Emmanuelle Cosse et pascal Durand au congrès national d'Europe Ecologie Les verts à Caen
Emmanuelle Cosse et pascal Durand au congrès national d'Europe Ecologie Les verts à Caen © MaxPPP/Ouest France/Stéphane Geufroi

D’abord, j’ai constaté que pour lutter contre le froid, quelques milliers de Français aiment toujours autant se tenir chaud dans une bonne manif. Il y avait encore l’embarras du choix ce week-end. Mais ce n’est pas le sujet que j’ai choisi, parce que je trouve que ça commence un peu à tourner en rond, à Carhaix. Et puis celle de Mélenchon, c’était pas le raz-de-marée, vu le comptage, il s’est cru à Kiev.

Et l’autre sujet qui me tendait les bras, me permet de rendre un hommage, et ça n’est pas si souvent dans cette séquence. Laissez-moi rendre hommage à une femme courageuse, celle qui ce week-end, a repris la tête d’Europe Ecologie Les Verts. Emmanuelle Cosse, vous êtes intrépide (ou alors complètement inconsciente…).

Je me surprends moi-même à m’intéresser au congrès des Verts. Il faut dire que c’est la seule élection où un écologiste fait plus de 2%. Ca mérite qu’on lui porte un peu d’attention et d’encouragement... Même si le lendemain, c’est comme après une grosse biture, on a déjà oublié son nom.

Donc je vous le rappelle, Emmanuelle Cosse, oui, retenez-le bien, puisque c’est la prochaine qui claquera la porte d’EELV qui est un parti… comment dire… Un parti, dix qui le suivent.

Cohn-Bendit, Hulot, Mamère, Voynet : ils sont de moins en moins nombreux chez les Verts, et ils parviennent quand même à déposer 3 motions différentes, et 7 sous-motions, pour n’en retenir qu’une seule. C’est aussi ça, le tri sélectif.

Il y a tellement de courants chez EELV qu’ils ont mis en péril la vie du saumon de Norvège, qui ne parvient plus à retrouver le chemin de sa migration.

On pourra toujours regretter le manque de figures emblématiques dans ce parti, autant on ne pas reprocher à des écologistes de ne pas avoir de poids lourds.

Sauf une, qui est complètement à la masse : Eva Joly qui a baptisé son courant LOVE, l’acronyme de « Là où va l’écologie » : dans le mur Eva!

C’est difficile de trouver une personnalité très charismatique et fédératrice chez les Verts. Sincèrement, je ne vois personne, à part Shrek.

Nul doute qu’Emmanuelle Cosse finira par imposer son nom dans le paysage politique français. Pour l’instant, François Hollande l’appelle encore « la nouvelle chieuse au royaume des emmerdeurs », mais il va s’habituer.

Et puis une femme secrétaire nationale d’un parti, c’est très bien. On la décrit comme « femme à poigne », c’est un peu comme si on nous disait qu’un homme politique est « sensible et délicat ». Mais elle l’a bien cherché aussi, puisqu’elle souligne qu’elle aime le rugby. Ca sent la nana qui n’hésite pas à aller au contact. En tous cas, comme au tiercé, elle a su jouer bien Placé.

A 25 ans, elle dirigeait Actup, tout en étant hétéro et séronégative; ça, c’est un peu comme lorsqu’il y a un G20 avec les grands de ce monde et qu’on y envoie un homme en talonnettes.

Cette entrée dans le monde politique, ça fait penser au bal des débutantes, qui avait lieu ce week-end. Une belle illustration des ravages de la consanguinité en robe du soir.

Un péril qui ne menace pas le parti écolo, puisqu’ils sont ouverts… aux autres, à un tas de sensibilités politiques différentes.

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