Le 31 décembre, je me suis couchée à 10h du soir, j'avais en ligne de mire de me lever tôt le lendemain, 1er janvier, pour écrire la chronique et pouvoir me coucher tôt le soir afin de me lever tôt pour venir vous la lire ce matin 2 janvier ; vous me suivez ? Alors, d'aucun se diront "mais il lui faut une journée entière pour écrire trois minutes ? "; Ben…, déjà oui.

Mais quand en plus, les SMS, mails, téléphones n'arrêtent pas de sonner comme la monnaie trébuchante que vous rend la boulangère en l'accompagnant d'un"Et bonne année " avec les sourcils soulevés et arrondis comme Charles Trenet pour dire que "Y a d'la joie " dans son vœu, le temps rétrécit comme peau de chagrin. Et bye bye "y'a de d'la joie ", bonjour "y'a d'l'angoisse " !

Si le 1er janvier est le temps du répit pour se remettre de la gueule de bois, le 2 janvier est le jour de la mise en pratique des résolutions. Et de par ce fait, le jour de la prise de conscience de ce à quoi on s'est engagé.

Aïe! Aïe! Aïe! … Ouille! Ouille! Ouille! …Hoïe! Qu'est ce qu'on est allé s'imaginer ?

On prend la résolution exaltée par le premier jour du renouveau, l'ambiance joyeuse ; on va changer, on veut, on le doit, on voit bien qu'il y a des choses qui ne vont pas. Mais on prend généralement cette résolution trop grande, ambitieuse, présomptueuse, bref pas du tout à notre mesure. Et plus ou moins rapidement –plutôt plus que moins- on ne la tient pas.

Ce qui est dramatique, ce n'est pas tant de ne pas arriver à la tenir, que de s'accommoder de cette trahison à notre parole. Parce qu'alors, on ne pourra plus faire confiance à soi-même ?

Peut-être qu'on a pris cette résolution par influence ou par convention et qu'elle ne convainc pas notre nature, ce qu'on est en réalité, au fond de nous ; et pas à la forme de nous !

Ou alors parce qu'on n'avait pas vu tout ce que ça demandait, qu'on n'avait pas envisagé les efforts, qu'on n'a pas assez d'amour pour ce qu'on a choisi ? Et c'est là qu'un autre drame, en troisième rideau, arrive : le découragement !

J'ai connu ça avec les clopes. J'ai tenté 5 fois d'arrêter ; mais mon goût de la liberté n'était pas assez fort par rapport à celui de la nicotine. Et les arguments de ma raison "attention pas bon pour ta santé, pour ton porte-monnaie " n'avaient pas… raison des habitudes et des plaisirs de mon corps. J'ai vu que je n'avais aucune liberté alors que c'est elle que je cherchais.

J'étais une allumette qui essayait de mettre le feu à un baobab. Ah, j'ai perdu bien des illusions –ce qui n'est pas un mal, mais ce qui fait mal- sur moi, ou ce que je croyais être alors.

Oui, à chaque année qui s'ajoute, si on veut garder notre poids d'équilibre, notre point central, il faut enlever quelque chose.

Une illusion par exemple. Alors les résolutions ont du sens.

Ah, à propos, j'ai réussi à arrêter de fumer, il y a 12 ans. Mais je vous raconterai ça une autre fois. Bonne journée et douce année à vous tous.

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