Ce matin: 24 heures dans la vie de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot…

10heures – Roselyne se réveille en sursaut sur l'air de La Flûte enchantée. La flûte, un instrument à vent, donc dangereux en période d'épidémie. Mozart aurait mieux fait de composer La grosse caisse enchantée... Un premier message, de Florence Foresti : « Il faut nous aider Roselyne ! SOS ! Signé Florence ». Dix minutes plus tard, elle recevra un SMS de Gad Elmaleh : « Il faut nous aider Roselyne ! SOS ! Signé Florence ». Déjà 11h et elle traîne toujours en jogging rose au milieu du salon. Il est temps de passer une tête au ministère… En bas de chez elle, Roselyne croise un SDF qui chante du Francis Cabrel. En déposant cinq euros dans son étui à guitare, elle se rend compte que c'est peut-être là le geste le plus fort qu'elle ait posé pour la culture depuis sa nomination. « Mais pourquoi ai-je accepté ce poste ? », se dit-elle, « alors que je pourrais être peinarde, en train jouer au bridge avec mes potes des Grosses Têtes ? »

Onze heures, arrivée rue de Valois, Roselyne allume son ordinateur. Elle peine à regarder dans les yeux la Joconde, son fond d'écran. Elle consulte son principal dossier : l’appel à candidature pour la délégation des jeunes artistes français aux Jeux de la Francophonie de Kinshasa. Il est 13h quand un collaborateur déboule dans son bureau : « On a un problème. Nicolas Bedos menace de revenir sur les réseaux sociaux si on n’ouvre pas immédiatement les cinémas ! » Elle envoie un négociateur, ce qui lui laissera l’après-midi pour élaborer le principe d’une mission de réflexion autour de l’étude des dispositifs de leviers pour des mesures transversales et… Cyril Hanouna : « Salut ma p’tite beauté, on organise un gros concours de fléchettes avec des seringues de vaccin dans TPMP, t’es chaude ? » 

Il est l’heure de déjeuner. Enfin une occasion de faire rayonner la culture : pour elle, ce sera un tournedos Rossini, qu’elle n’aura pas le temps de finir, à cause d’une nouvelle urgence : Luc Besson menace de tourner Taxi 6 si les salles restent fermées. 

A 16h elle décide de téléphoner à Edouard Philippe. Ca lui fait un bien fou de l'entendre : il a le Covid, il est confiné et il vit au Havre... trois raisons de relativiser. Sur le chemin du retour, Roselyne demande au chauffeur de baisser toutes les vitres et de mettre Carmina Burana à fond ! - Ca permet aux passants dans la rue d'avoir une petite dose de spectacle vivant... enfin de spectacle roulant…  

En rentrant, Roselyne allume la télé. Sur, LCI elle tombe sur une rediffusion de Véronique et Davina… Problème : Davina, c’est Jean-Michel Blanquer… Comme quoi, il reste encore un peu de place pour le monde du spectacle. Parce qu’elle se rend bien compte que quand on dit « La ministre est au plus près des acteurs de la Culture » : ça se résume souvent au fait qu’elle a toujours une place réservée au premier rang. 

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