Ce matin, j’essaye de comprendre la jeunesse de France, à travers son ambassadeur : M Pokora. J’ai lu hier avec attention cette double page du Parisien/Aujourd’hui en France : « M Pokora face à nos lecteurs ». Je vais vous les détailler pour ceux qui n’ont pas eu le bonheur de lire cet article qui balaye tous les sujets de fond de la société et du milieu culturel.

Le titre de l’article reprend une citation de M Pokora : « Je veux marquer mon époque ». Remarquez, c’est très accrocheur, puisque ça m’a donné envie de m’intéresser de près au personnage. Le jeune homme est d’origine polonaise, et justement, en polonais, M Pokora signifie « humilité ». D’ailleurs, à quelques paragraphes de la fin, il déclare : « Je bénéficie du soutien de mon peuple, c’est la moindre des choses de participer à l’effort collectif ».

Le chanteur évoquait la taxe à 75% sur les très hauts revenus et il déclare tout net : « C’est limite du vol. »

Euh… Je rappelle que M Pokora est la star de la comédie musicale « Robin des bois », l’homme qui vole aux riches pour donner aux pauvres…Sauf quand c’est lui-même qui est riche, donc. Mais il ne faut pas lui en vouloir, parce qu’en explorant sa discographie, j’ai compris qu’il a été victime d’une vengeance sentimentale de la part d’une employée du fisc.

Donc si je résume les propos de M Pokora dans Le Parisien : « Je veux marquer mon époque », « Je bénéficie du soutien de mon peuple », et sur la Une, le quotidien écrit : « M Pokora, en toute simplicité ».

Visiblement, les journalistes sont sous le charme. Ca se confirme dans l’intro du papier : « Rarement autant de salariés du journal avaient quitté leur bureau pour accueillir un artiste (…) Bonnet vissé sur la tête, chemise à carreaux, le chanteur arrive détendu »…

La description vestimentaire, c’est pour les lecteurs aveugles duParisien , parce que ça se voit sur les photos, le bonnet en laine par 20°C à Paris.

Donc, le journal insiste en écrivant dans le sous-titre : « Le chanteur s’est livré sans fard ». « Sans fard », c’est un peu normal quand on se rend à un rendez-vous en pyjama et en bonnet de nuit…

Et pourtant, M Pokora, c’est ce qu’on appelle un « bad boy ». (En France, un bad boy, c’est un type qui s’est fait renvoyer du lycée) Personnage haut en relief, donc, et ça m’a donné envie de relire son interview dans Paris Match la semaine dernière, où il est écrit que « sa puissance créatrice n’est pas limitée à la chanson ».

Sachez que M Pokora s’essaye au design, et qu’il a dessiné… un oreiller ! Donc le mec, avant de se faire renvoyer du lycée, il a au moins appris à dessiner un carré et un rectangle. (Non mais c’est rassurant !)

Et puis, on apprend aussi qu’il rêve de cinéma. Il déclare être très encouragé en ce sens par Gad Elmaleh et Mimie Mathy. C’est décevant, parce que c’est du tout gros piston, deux figures tutélaires du cinéma français, ce n’est pas donné à tout le monde.

Enfin, petit bémol, il a connu un coup dur : son album en anglais a été un échec. Je me demande comment c’est possible, surtout quand on connaît le talent de la jeunesse française en anglais.

Vous avez M Pokora pour porte-parole de la jeunesse française. Nous en Belgique, on a Stromae. Mais heureusement, on vous le prête régulièrement.

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