Après la rave party qui a rassemblé 2.500 personnes à Lieuron, nous accueillons une porte-parole du ministère de l’Intérieur…

Oui, alors… Partant du constat qu’il a fallu 70 gendarmes et un hélicoptère pour parvenir à débrancher une sono. Et qu’ils ont mis plus de 24h pour interrompre la fête (il n’est pas normal que ça prenne autant de temps, on a demandé à nos hommes d’interpeller les fêtards, pas de les vacciner !) Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il faut désormais adapter nos forces de l’ordre à ce type d’intervention et je vous annonce ici la création de la Brigade anti-fête : la BAF, qui intervient pour mettre fin à tout évènement de type bamboche, surprise party, rave party.

Pourquoi une brigade spécialisée ? Justement, parce qu’interrompre une fête, ça demande des gestes précis : on ne démonte pas la tente d'un teufeur à Lieuron comme on lacère celle d'un migrant à Calais ! Il s’agit de deux techniques tout-à-fait différentes. 

Alors, pour entrer à la BAF, il faut être titulaire du baccalauréat (à condition de ne l'avoir jamais fêté, bien entendu). Vient ensuite le concours d’entrée, avec quelques tests comme : « Faire la différence entre un groupe électrogène et un écureuil », ou maîtriser les trois étapes de déminage d’une fête, la procédure « TTP » : « Tenir la prise, Tirer sur la prise, Poser la prise. » 

Les officiers de la BAF suivent ensuite un entrainement rigoureux : le tir sur boule à facette, et des mises en situation comme par exemple « Que faire face à quelqu'un qui fait tourner sa serviette ? » ou « Comment reconnaitre le bouton ON/OF sur une table de mixage ? » A la fin de cette épreuve, l’aspirant devra être capable de détecter l'ouverture d'une canette de bière à 500 mètres, rien qu’à l’oreille. Cette formation est exigeante, près de la moitié des candidats abandonnent après la première épreuve qui consiste à écouter David Guetta en boucle pendant 5h, et sans bouger. Hier, un candidat a fini par frapper dans les mains, il a été exclu, et aujourd’hui il est à la circulation.

Pour lutter contre la fête, nous utilisons les mêmes méthodes qu’à la criminelle ou chez les stups. D'abord on s'attaque au bas de l'échelle, on cherche un suspect qui sent un peu l'alcool, on le fait parler afin de remontrer petit à petit la piste… de danse. On neutralise d’abord les petits DJ avant de remonter la filière jusqu’au gros poisson, l’organisateur, via la fille du vestiaire. Attention, chez les stups on interroge les organisateurs de soirée pour coffrer les dealers alors qu'à la BAF, on interroge les dealers pour coffrer les organisateurs de soirée.

Certes, en temps normal, l’individu jeune a le droit d’avoir des raves, il faut simplement qu’elles soient autorisées en préfecture. Et donc je le dis très clairement à tous les fêtards : si vous organisez une fête sauvage, vous aurez la BAF au cul.

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