Finaliste du Goncourt face à Jean-Paul Dubois, elle passe pour la 3 ème fois à côté du prix littéraire, Amélie Nothomb est avec nous également ce matin…

Troisième fois que je me loupe. Je me remets en question. Peut-être mon livre manquait-il de suspense. C'est le problème quand on écrit sur Jésus… Vous savez, dans mon livre je me mets dans la peau de Jésus, donc, après tout, c'est normal que le jury du Goncourt fasse de moi la martyre de la littérature française. Oui, comme Jésus, hier j'ai été crucifiée (chez Drouant, certes), mais crucifiée quand même et comme Jésus, ma croix… c'était Dubois.

Je rappelle que je suis Belge, et que je viens de perdre contre un Français en finale,… alors j’ai un peu le seum ! Alors que j’ai eu 60% de possession de ventes pendant le match… 

Le livre primé s’intitule « Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon ». Ce titre est long comme un jour sans frites ! C’est pontifiant. On dirait du Katherine Pancol. J'ai commencé à le lire mais je me suis endormie avant d'être arrivée au bout de la couverture... Je rappelle que le mien s’intitule "Soif". Un mot ! Quatre lettres…  qui me laissent aujourd'hui sur ma faim… mais bon, j’en ai écrit 27 autres je m’en remettrai ! En attendant, c’est qui qui à sa statue au Musée Grévin à côté de Jean d’Ormesson ? C’est Jean-Paul Dubois peut-être ? (J’ai le droit, j’ai le seum !)

Comme Jésus, aujourd'hui, je me sens trahie. A la différence près que mes Judas à moi sont 10. Enfin non pas 10, juste 6. Jean-Paul Dubois m'a battu au second tour à 6 voix contre 4. Oui il m'a mis 6/4 et il n'y avait pas de 2ème set. Humour belge… Vous avez l’habitude à cette heure-ci, non ?

Que voulez-vous, aujourd'hui le seul moyen pour s'attirer les faveurs de Bernard Pivot c'est de faire un Top Tweet ! 

Le Goncourt est souvent donné à des hommes, blancs… mais on peut se réjouir parce que donner le prix à un homme, blanc,… qui s'appelle Jean-Paul, alors ça jamais ! Un Jean-Paul c’est une première ! Grâce à ce prix j'aurais pu connaitre le frisson de voir mon livre entre les mains de lecteurs qui ne s'intéressent à la littérature qu'une fois par an ! (J’ai le droit, j’ai le seum !)

Tout le monde me donnait gagnante alors j'ai eu la prétention d'y croire. Aujourd'hui je me sens comme Jacques Pradel au lendemain de l'arrestation de Dupont de Ligonnès. Il est clair que la conjoncture actuelle a joué en ma défaveur. Il y a d'un côté Amélie la tempête qui prive les foyers d'électricité et d'un autre côté Amélie l'écrivaine qui apporte la lumière à ses lecteurs.

Non moi ce qui me ferait vraiment kiffer c’est pas le Goncourt, c’est que mon dernier livre entre dans la Pléiade : la vie de Jésus sur papier bible, ça serait divin, non ?

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