Donald Trump est hospitalisé depuis 4 jours. Nous accueillons son infirmière, celle qui soigne un patient très particulier…

Oui oh vous savez, nous les soignants, on est déjà obligés de s’occuper de dizaines de milliers de personnes chaque jour à cause de Trump, alors un de plus, un de moins… Cela dit, il réclame beaucoup d’attention, on ne peut pas le laisser seul. Samedi, on l'a laissé trois minutes et on l'a retrouvé en train de se nettoyer la langue avec des lingettes désinfectantes. Depuis, on fait l’inventaire toutes les heures pour vérifier qu'il ne manque aucun produit ménager à l’étage.

Et puis il faut constamment lui rappeler les règles de base : porter le masque, tousser dans son coude, ne pas insulter l'infirmier noir… Il est un peu fatiguant. La première fois que j’ai pris sa température et que je lui ai annoncé 39.7 il a crié : « FAKE NEWS ! C’est VOUS qui avez de la fièvre ! » Alors je lui ai dit que Joe Biden, lui il n’a que 36.8, ce gros nul, et là il s’est calmé.

J'essaie de le prendre par les sentiments. Je lui dis : « Monsieur Trump, MAKE THE QUARANTAINE GREAT AGAIN ! » Pour qu'il se soigne, je le manipule : « Vous savez qui c'est qui serait incapable d'avaler des gros cachets comme ça ? C’est Barack Obama ! Oui oui oui ! Allez Donald, montrez-moi que vous êtes plus fort que Barack ! »

Sinon globalement, il va bien. Bon, hier soir il nous a quand même fait une petite frayeur : il a fait malaise. Mais rassurez vous, c'est juste parce que la 4G ne passait plus dans sa chambre, il n'arrivait plus à tweeter ! Là où on le sent affaibli c’est que depuis qu’il est arrivé, il ne m’a même pas mis une main au cul. Sinon je lui aurais répondu du tac-au-tac : « Eh le Covid ça ne s’attrape pas par la chatte ! »

En revanche Mélania va très bien, on a l'impression que le Covid est la meilleure chose qui lui soit arrivée : quatre jours qu’elle n’a plus approché son mari, elle rayonne !

On essaie de profiter de la présence de Trump à l’hôpital pour le sensibiliser. Pour le moment il reste campé sur ses positions, si on a autant de personnes contaminées, « c'est parce qu'on ne prescrit pas assez de Coca Light à l’hôpital ! » J’ai renoncé à argumenter... D'autant plus qu'on se prépare à une nouvelle vague, avec tous ses soutiens qui manifestent en bas, sans masque et sans distances.

Cela dit, lui, il a changé d'avis sur l'utilité du masque. Désormais, il le porte. Il trouve même que c'est pas assez : il a suggéré au médecin de construire un mur entre sa lèvre supérieur et ses narines

Moi j'essaie de le rassurer ! Je lui dis : « M’sieur Trump, il faut voir le bon côté des choses, grâce à l’Obamacare, cette hospitalisation ne vous coûtera presque rien. Heureusement que vous n'avez pas réussi à la supprimer !"

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