Je voudrais aujourd’hui vous parler des soixante-huitards, cette génération dont la grande passion était d’hurler des slogans libertaires et de se trimbaler complètement à poil.

Ça vous rappelle des souvenirs, Éric ? Vous n’allez pas me dire qu’en 68, vous ne vous êtes pas trimballé à poil ? Bon vous aviez 5 ans donc vous avez des excuses. Vous en avez moins tout de même quand vous persistez à le faire encore aujourd’hui dans les couloirs de France Inter ! On a eu des plaintes. Je salue Charline d’ailleurs qui est toujours sous le choc et qui a du s’absenter quelques jours.

J’en profite aussi pour saluer tous les auditeurs qui sont en train de prendre leur petit-déjeuner en vous imaginant à poil dans les couloirs de France Inter.

Mais ce qui me préoccupe aujourd’hui n’a rien à voir avec une quelconque exhibition de votre plastique impeccable, cher Éric, mais plutôt avec les effets de cet esprit 68 qui voulait naguère abolir les frontières. Un esprit récupéré et perverti par ceux qui rédigent en ce moment un accord transatlantique appelé le TAFTA.

Alors de quoi s’agit-il ? Le TAFTA est un accord qui se prépare entre l’Europe et l’Amérique du Nord en vue de faciliter les échanges commerciaux.

Par exemple, avec cet accord, une entreprise privée pourra attaquer en justice un État s’il refuse de commercialiser ses produits. Par exemple, Monsanto pourra porter plainte contre la France si elle refuse la vente d’OGM. Donc les Américains vont pouvoir nous forcer à acheter leur merde. Pardonnez ma vulgarité. Je grossis un peu le trait. Mais quand on parle des Américains et de nourriture, quoi de plus naturel que de grossir.

#STOPTAFTA
#STOPTAFTA © Radio France

L’astuce de ce traité consiste à faire ça « au nom de la liberté ». Et oui ! La fameuse liberté du renard dans le poulailler. Celle de Vladimir Poutine dans pas mal de pays. Celle de DSK dans une stagiaire du FMI.

Faut-il pour autant être favorable au protectionnisme ? La question est posée. Il existe déjà en France dans certains domaines.

Par exemple au niveau culturel. Avec le fameux quota de 40% de chansons francophones obligatoires à la radio. Moins de Bob Dylan. Plus de Pascal Obispo. C’est un choix. Un choix qui ne va pas sans poser quelques questions d’ailleurs. David Guetta peut-il prétendre faire partie de ce quota ? Ça arrangerait beaucoup mon neveu de 6 ans qui fait à peu près la même musique que David en tapant avec une cuillère rouillée sur un four à micro-ondes.

Idem, Jane Birkin fait-elle partie de ce quota ? Elle qui a quand même bâtie toute sa carrière sur la maltraitance de la langue française. Est-ce que le rappeur La Fouine fait partie de ce quota ? Je vous rappelle qu’il a déclaré « Dans le rap, je n’ai aucun rivaux ». Là encore, est-ce qu’on peut parler de francophonie. Je ne crois pas.

Bref voyez, des questions qui en appellent d’autres.

Et notamment celle-ci : Est-ce qu’il ne serait pas temps de construire une Europe sociale avant de chercher des partenaires économiques peu scrupuleux ?

Est-ce qu’il ne serait pas temps de se renseigner sur les partis qui luttent contre cet accord, avant de voter aux élections européennes ? Sans doute. Parce que si ça continue comme ça, on va tous finir à poil !

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