le goncourt 2013 décerné à pierre lemaitre
le goncourt 2013 décerné à pierre lemaitre © reuters

Douze tours… douze tours ! Ca s’est passé lundi au restaurant Chez Drouant, les Académiciens du Prix Goncourt sont tombés d’accord après douze tours. Quand on pense que quand il n’y a que deux tours, les Français ne vont déjà pas voter, alors là, ça relève de l’exploit ! Et au bout de douze tours, ils ont enfin désigné...

… « La tempura de poissons marinés au vinaigre de vin. » Non mais il a fallu douze tours parce que « Le suprême de cannette de Challans rôti », ça avait l’air pas mal non plus. Bon sang que ça a été compliqué, parce que chaque tour, c’était autant de coupettes de champagne et pendant ce temps, il n’y avait que du pain à table.

Au départ, l’idée d’Edmond de Goncourt, c’était de mettre 10 écrivains à l’abri du besoin, grâce à une rente viagère. Aujourd’hui avec la crise, c’est devenu de plus en plus difficile de pouvoir mettre Bernard Pivot ou Didier Decoin à l’abri du besoin… C’est dommage. Mais bon, lundi midi, ils ont pu manger un repas chaud, et ça, ça fait aussi chaud au cœur.

A 12h45, on apprenait le nom du lauréat du Goncourt : Pierre Lemaître. C’était pourtant facile, en période de crise et de déprime automnale. Y’en avait un qui s’appelait Toussaint, et une autre qui s’appelait Tuile. Il restait Lemaître ou Verger et en ce moment, Lemaître, c’est un type qui sait mesurer son bonheur.

Oui, maintenant, Pierre Lemaître, c’est un petit peu Miss France 2013 de la littérature. En plus c’était présenté par Jean-Pierre Pivot. Il était très content le lauréat, son éditeur, Grasset était très content, et le serveur qui a reçu un gros pourboire était très content aussi. Sauf Didier Decoin, lui il était moins content, parce qu’au départ il avait choisi « Tarte aux prunes du moment », et il a eu de la mousse au chocolat, mais il se rattrapera l’année prochaine.

Une fois que le lauréat est désigné, il arrive chez Drouant, où il est immédiatement plaqué au sol par la mêlée. Il s’est douté qu’il entrait un peu sur un terrain de rugby quand il a aperçu Pivot. Mais ça surprend toujours quand même.

Hier, nous avons eu le privilège de croiser Pierre Lemaître en sortant de ce studio, puisqu’il était l’invité de Clara Dupont-Monod à 7h50, et il nous a raconté qu’il déjeunait ailleurs, tranquille avec sa femme, et il a compris qu’il avait remporté le prix quand un journaliste lui a accroché de force un micro-cravate.

D’ailleurs, vous l’avez félicité hier, Pierre Lemaître, j’ai bien aimé quand vous lui avez dit : « Ohlala, qu’est-ce que vous leur avez mis dans la vue aux autres, vous leur avez mis la pâtée ». On sentait que vous étiez content pour lui.

Ca reste le prix Goncourt quand même. Aujourd’hui, tous les médias et même les grandes brasseries ont leur prix littéraires, le prix du livre Inter, le Prix du café de Flore, le Prix Flunch aussi, celui-là c’est le prix du roman inachevé, parce qu’on a jamais vu quelqu’un réussir à achever son vol-au-vent chez Flunch.

Le Goncourt, lui, manque peut-être un peu d’audace, on aurait peut-être aimé un peu plus d’audace et d’inventivité. Mais ça c’est le créneau du Goncourt Lépine. D’ailleurs c’est celui-là que j’aurais donné à Yann Moix, plutôt que le Renaudot. Son roman mérite Le Goncourt Lépine parce que c’est une arme ce truc… 1142 pages. On ne vous laisse pas monter dans l’avion avec ça. Et en même temps, dans la valise ça vous fait un supplément bagage. Je me demande s’il ne faudrait pas le soumettre à l’écotaxe.

Voilà, le Renaudot c’est bien aussi, et c’est plus rapide. Là-bas, le menu, c’est entrée – dessert et le vin est compris.

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