Jean-Marc Ayrault et quelques-uns de ses anciens ministres ont fait leur retour à l’Assemblée, hier. Depuis un mois qu’ils ont quitté le gouvernement, ils ont dû penser à cette phrase : «Être ancien ministre, c'est s'asseoir à l'arrière d'une voiture et s'apercevoir qu'elle ne démarre pas ». De retour dans l’hémicycle, il va falloir pédaler…

L’ex-député François Goulard a reçu le prix de l’humour en politique en 2012 pour cette phrase sur la voiture. Et vu le nombre de prétendants au titre, c’est important de le rappeler.

Ca doit être difficile la vie après le gouvernement.

Quelques articles de presse racontent le jour d’après. Le plus dur d’après les témoignages des anciens du gouvernement Ayrault, c’est, disent-ils, « le passage de l’action à… l’inaction… ». Euh… Est-ce que ce ne serait pas le contraire ? Parce que Cécile Duflot a expliqué que le soir même elle avait fait la vaisselle.

Sans doute, a-t-elle a voulu signifier qu’elle était tout de suite repassée à l’action.

Dans la même veine, hier, on pouvait entendre tous ces ex-ministres redevenus parlementaire dire, je les cite, qu’ils sont « pressés de se remettre au travail ». Comment on doit le prendre ? Ca veut dire qu’au gouvernement, ils ne foutaient rien ?

Toujours au rang des témoignages, il paraît que le plus déstabilisant, c’est le téléphone qui ne sonne plus, du jour au lendemain. Comme pour les comédiens ! Ce qui doit nous rappeler qu’un ministre, dans le fond, c’est un intermittent de la politique. Surtout un intermittent qui a fait ses heures.

Ensuite, d’après « Libération », l’un des ministres sortants s’est offert une console de jeux PS4, et il ajoute : « Je dégomme tout ce qui bouge sur l’écran et, honnêtement, ça fait du bien. » Donc, il y a un type qui, il y a un mois, s’occupait de l’avenir des Français. Et maintenant, il tire sur des zombies toute la journée depuis son canapé. Tout va bien…

Notez que tous reviennent à l’Assemblée « sans amertume ». Parmi eux, François Lamy, l’ex-ministre de la ville… Et lui, ça fait vraiment plaisir de le voir, parce que je ne savais pas qu’il avait été ministre. Comme quoi, ces retours à l’Assemblée, ça permet de remettre ses vieilles fiches à jour.

La vedette du retour au Palais Bourbon, c’était bien sûr Jean-Marc Ayrault, qui a livré ses premiers mots depuis son départ… Il fallait lire entre les lignes… Donc, Eric, vous allez citer ces premiers mots de Jean-Marc Ayrault, et moi, je vous donne les sous-titres.

Il a déclaré : « Je suis tout à fait serein, détendu » __

(Je commence doucement à soigner mon ulcère, mais je suis encore sous Lexomil)

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« Je suis sans aucune amertume »

(J’ai les boules, je me vengerai !)

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« J’ai quitté Matignon avec dignité et j’ai bien l’intention de garder cette ligne de conduite »

(Je me suis fait entuber sans rien dire, mais ça me démange de tout balancer, tiens !)

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«N’attendez pas de moi que je me lance dans des commentaires sur les uns ou sur les autres… »

(Un jour, je sortirai un bouquin, et ça va saigner)

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Pour terminer, j’en reviens à cette phrase : « Ex-ministre, c’est s’asseoir à l’arrière d’une voiture et se rendre compte qu’elle ne démarre pas. » Dans le fond, c’est très puéril, puisque ça nous arrive à tous dès qu’on a passé l’âge de faire des tours de manège.

D’ailleurs, ce qui a été le plus difficile pour Pierre Moscovici, ça n’a pas été de rendre la voiture avec chauffeur, non, trop commun. Non, ça a été de rendre la perruque poudrée. Et vous savez ce qu’il essaye de nous faire croire ? Que c’est parce ce qu’il s’était habitué à avoir des cheveux.

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