Bonjour, je suis Charline Vanhoenacker et je vais vous raconter l’histoire d’une petite abeille qui tomba amoureuse d’une grosse betterave.

Leur amour s’épanouissait dans un champ immense, où les betteraves étaient aussi serrées que dans le RER B… La grosse betterave rêvait donc d’emmener la petite abeille vivre une autre vie, dans un portager bio, loin de la PAC et de la FNSEA. 

Car la betterave tombait souvent malade. Heureusement, il existait un remède : s’asperger d’un produit magique… Seulement voilà, ce qui guérissait la grosse betterave était un poison pour la petite abeille… « Mais c’est terrible ! », cria l’abeille ? « C’est du séparatisme agricole ! » C’était en fait la malédiction des néonicotinoïdes… 

Alors un jour que la grosse légume venait de guérir, c’est le petit insecte qui tomba malade… Elles comprirent très vite que cette malédiction les empêchait de vivre ensemble : si l’une vivait, l’autre devait mourir. Elles se mirent à discuter : laquelle était la plus utile ? 

Moi, je suis super bonne en salade avec de la vinaigrette, et je rapporte de l’oseille à celui qui me cultive (alors que l’oseille, elle rapporte rien du tout)… et aussi je fais du sucre !  

L’abeille, qui était modeste de par sa taille répondit : 

Moi je pique les enfants à la piscine, mais accessoirement je sauve le monde… Si mon espèce s’éteint c’est la fin pour tous… Et moi aussi je produis du sucre, bien meilleur que le tien, puisque c’est du miel ! 

Elles discutèrent toutes deux encore trèèèès longtemps, quand soudain, apparut une fée… C’était la fée Pompili ! La fée sortit sa baguette en criant sa formule magique :  MONSANTO NEONICO GLYPHOSATIS YANNICK JADOT! L’espoir irradiait à nouveau à travers les champs, mais malheureusement, la fée Pompili n’avait que de tout petits-petits-petits pouvoirs… et en plus, elle ne s’en servait pratiquement pas ! On apprendra plus tard que la Fée Pompili avait été enfermée au sommet de la tour du château d’En Marche, par un seigneur qui se faisait passer pour le champion de la terre. Un oiseau vint à passer par là, qui lança du haut de son perchoir : « L’Assemblée nationale s’oppose à notre amour ! » 

Mourante, la petite abeille réussit à dire à la grosse betterave : « Laisse-moi, va refaire ta vie avec une endive ! » La grosse betterave n’eut pas le temps de lui répondre, car elle fut arrachée par l’agriculteur, pour être servie coupée en petits morceaux dans une cantine scolaire.  

Ainsi s’achève cette histoire « Oli » qui n’est pas destinée à s’endormir. Mais plutôt à se réveiller.

  • Légende du visuel principal: L'histoire d'une abeille et d'une betterave © Getty / mrs
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