L’évacuation de la ZAD s’est poursuivie hier loin des journalistes qui ont été empêchés de couvrir le face-à-face entre zadistes et CRS…

Si nous ne voyons pas d’autres images que celles fournies par le gouvernement, c’est uniquement à cause d’un contrat d’exclusivité avec BestImage, le prestataire de l’Elysée. Donc soyez rassurés, les plus beaux moments de toutes ces rencontres entre les CRS et les petits agriculteurs de la ZAD, vous pourrez les voir dans l’édition spéciale du 13h de Jean-Pierre Pernaut avec le président ce jeudi. 

Le même jour, des photos de l’évacuation seront publiées dans « Paris-Match ». Celle que je préfère c'est celle du zadiste qui explique la recette du potage au topinambour à un gendarme. L'instant capturé est intense, la complicité se lit dans les regards ! Un papier qui traduira on l’espère toute la courtoisie républicaine durant cette évacuation. Sauf que… Petite anecdote… Un tractopelle a légèrement mordu sur un plan de carottes : le ministère de l’Intérieur s’est engagé à dédommager l’agriculteur… dès qu’il aura produit son acte de propriété.

Je crois que c’est important pour tout le monde de sortir de cette situation par le haut. Surtout en zone humide… Parce que chez Emmanuel Macron, il y a un savoir-faire pour déloger des gens : il a commencé avec Hollande et Valls, ensuite les migrants, la salle de presse de l'Elysée et les étudiants.

Le ministère de l’Intérieur et de l’information nous fait donc savoir qu’hier, aucun animal n’a été tué ou blessé

Les forces de l’ordre sont intervenues très tôt le matin, vers 6h, pour ne pas gêner la traite des chèvres une heure plus tôt. Et si l’évacuation prend du temps, c’est aussi parce qu’après chaque déménagement, les CRS passent l’aspirateur derrière, et les zadistes tiennent à ce que chaque gendarme reparte avec son petit panier de légumes. Je crois qu’hier soir, certains zadistes ont même fait la chenille avec les CRS autour d’un feu de camp. Ca réchauffe parce que la journée, il y a eu beaucoup de boue, mais c’était bon enfant : une sorte de Woodstock de la gendarmerie.

Les forces de l’ordre sont en nombre, encore ce matin : 2500 CRS pour 250 personnes. Chaque zadiste bénéficiant de 10 CRS à lui tout seul… et cela sans doute dans le but de les aider à faire leurs bagages… un privilège généralement réservé au président de la République ! 

Pour les journalistes qui souhaiteraient tout de même couvrir ce « non-événement », je vous rappelle que vous pouvez trouver à la préfecture des brochures qui résument cette belle journée avec quelques éléments de langages adéquats !

Conclusion : on passe d’un état de non-droit à celui d’un état de droit à l’image. 

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