Ce matin, je brûle de vous parler du rapprochement entre Jean-Louis Borloo et François Bayrou. Ca l’air follement excitant ! Oui parce qu’ils ne dévoilent pas tout d’un coup, c’est plutôt suggestif pour l’instant comme rapprochement.

J’avais lu dans Le Parisien il y deux semaines que François et Jean-Louis se sont appelés plusieurs fois au téléphone, puis ils sont allés déjeuner. Alors là, en politique, déjeuner sans s’envoyer de la purée à la figure, c’est signe de rapprochement.

jean-louis borloo tente de démarquer l'udi de l'ump en vue des municipales
jean-louis borloo tente de démarquer l'udi de l'ump en vue des municipales © reuters

J’avais remarqué que Borloo mijotait un retour, parce que, depuis quelques mois, il est très bien coiffé. Il fait même une raie, mais alors pas une raie au centre, une raie bien marquée sur le côté droit, mais pas trop tout de même. Point trop n’en faut. C’est là où c’est moins clair avec François Bayrou : son implantation capillaire ne lui permet pas de faire une raie, alors on a du mal à voir où il se situe.

Bayrou, Borloo : les BB Brunes du centre… Même s’ils sont des alliés d’intérêts, ce sont tout de même des retrouvailles, après onze ans de séparation. Rappelez-vous : la présidentielle de 2002, Jean-Louis Borloo était le porte-parole de la campagne présidentielle de François Bayrou. J’ai retrouvé ce conseil de Borloo à son camarade centriste juste avant la campagne :

Et puis, onze années après, l’espèce centriste est en voie de disparition, il en va de la survie politique des deux hommes, ils se rapprochent et Borloo fait des projets d’avenir. Hier, dans Le Figaro , il a même proposé de « bâtir un projet ensemble ». C’est tellement beau, j’espère que ce n’est pas un lapsus, parce que Jean-Louis il est plutôt du genre trop détendu, et parfois, ça peut déraper…

Il a de l’ambition sous le casque le Jean-Louis ! Et puis avec François ils ne sont pas tout seul : il y a Chantal Jouanno, toujours prête à faire un coup de pied circulaire à l’adversaire, c’est la Kill Bill du centre. Et Hervé Morin, un type qui a connu le débarquement en Normandie ! Bref, y’a une sacrée équipe derrière. Et il en faudra de la détermination, parce que le centre en France… c’est une peu une zone grise.

Le Français, il est fromage ou dessert, il n’est pas prêt pour le cheesecake. Et puis Bayrou et Borloo, malgré leur grande popularité auprès des citoyens, ils ont du mal à concrétiser dans les urnes. Le centre, c’est un petit peu le syndrome Arte : tout le monde dit qu’il aime beaucoup mais personne ne regarde.

La semaine dernière, un titre sur le site du journal Métro m’a interpellée : « François Bayrou saisit enfin la main tendue de Jean-Louis Borloo ». Ben tu m’étonnes, Simone, il était entrain de se noyer François ! Il a voulu voir ce que ça faisait de mettre un peu plus de poids sur le pied gauche, et ça été le grand plongeon. On a même songé à faire revenir Giscard, c’est dire ! Depuis, Borloo lui a fait copier 200 fois cette phrase de François Mitterrand : « Le centre, c’est ni la gauche, ni la gauche. »

Dans le fond, le centre en France, c’est un petit peu une allégorie de la tour de Pise. Du coup, il est peut-être condamné à limiter les entrées.

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