Manuel Valls a manifesté hier a Madrid, aux côté de la droite et de l’extrême-droite espagnoles…

Ca veut dire que Manuel Valls, aujourd’hui, en France, il voterait Laurent Wauquiez. Sauf que justement, aujourd’hui, en France, il n’y plus vraiment de place pour la tolérance, et Manu est obligé d’aller en Espagne pour vivre ses préférences politiques au grand jour. Si on avait été un peu plus compréhensifs, à l’heure où on parle, il serait peut-être chez Les Républicains en train de s’incruster sur la liste des européennes entre Nadine Morano et Brice Hortefeux. Ou il pourrait être suppléant de Rachida Dati quand elle doit partir amener sa fille à l’école. Et il pourrait s’épanouir en discutant sécurité des frontières avec Eric Ciotti.

Mais les Français sont tellement obtus qu’au lieu de ça, Manuel Valls a été obligé de s’exiler comme candidat indépendant en Catalogne pour lutter contre l’indépendance de la Catalogne… Alors hier, quand j’ai vu un ancien Premier ministre socialiste (français) défiler contre un actuel Premier ministre socialiste (espagnol)… Je me suis dit, de un, que Manuel Valls était en train de mettre en œuvre dans la vraie vie toutes les blagues des humoristes depuis trois ans (c’est déloyal), et de deux qu’on a laissé un homme politique qui avait toutes les audaces. 

Sauf que maintenant j’ai la trouille. J’ai peur que demain on retrouve Pierre Gattaz en gilet jaune en train de bloquer des bagnoles à des ronds-points. J'ai peur de voir un jour Cédric Villani dans Les Anges de la Téléréalité. J'ai peur qu’on retrouve le coffre-fort de Benalla dans une des villas du couple Balkany.

Je sais ce que vous allez me dire pour me consoler : si hier, Manuel Valls a défendu l’unité de l’Espagne comme il a défendu l’unité du Parti socialiste, on n’est pas à l’abri de se marrer. 

Il paraît que sa nouvelle fiancée Susana explique à qui veut l’entendre que s’il avait très envie de manifester, c’est à force de voir les Français dans la rue le samedi. Elle déclare : « Manuel il est planté devant la télévision française tous les samedis… Il est très remonté contre les Jilets Jaunes…

Les quoi ?

Les Jilets Jaunes… C’est les gens qui ont des Jilets… Ah Senor Demorand, vous vous moquez de mon accent »

Bref. Depuis qu’il a traversé la frontière, Manuel Valls ne se ment plus, il est vraiment lui-même. Et comme là-bas il fait tout le contraire de ce qu’il faisait croire qu’il était ici, il serait bien foutu de gagner les élections.

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