Je voudrais rétablir un certain équilibre. La République s’est montrée très injuste envers un élu. Et ne comptez pas sur moi pour hurler avec la meute contre le député qui a fait la poule.

Pourquoi l’emblème de la France c’est le coq ?
Pourquoi l’emblème de la France c’est le coq ? © Mariel Bluteau

Monsieur Le Ray a caqueté, certes, mais il essayait simplement d’entrer en communication avec Madame Massonneau à sa manière. Et c’est tout naturel lorsqu’on a exercé plusieurs années comme exploitant agricole. Dans cette affaire, chacun fait comme si les politiciens ne s’envoyaient jamais des noms d’oiseaux.

Vous savez que les gens qui s’appellent Boulanger ont plus de chance de devenir boulangers que les autres. A l’Assemblée, c’est pareil, les gens qui s’appellent Collard ont plus de chance de débiter des colleries.

Dès lors, comment en vouloir à monsieur Le Ray de s’exprimer en langage de volatile lorsqu’on a été conseiller municipal… de Plumergat. Et comment en vouloir à son tempérament de blagueur quand on est né à Vannes ?

La poule n’est pas le plus noble des animaux, certes, il est d’autres volatiles bien plus élégants. Et leur évocation serait plus appropriée à cet hémicycle, où tournoient encore les mots de Jules Ferry, Jean Jaurès ou André Malraux, parmi les plus grandes plumes que la République ait connu.

Mais ne sous-estimons pas la dimension poétique du député Le Ray : comme certains parlent à leurs fleurs pour les faire pousser, il essayait sans doute de faire la cour à Madame Massonneau. En la matière, il n’y a pas de bonne, de mauvaise ou de basse cour. D’autant que dans les couloirs, le député UMP a toujours fait savoir que la députée écolo était plutôt une belle plante.

Soyons un peu compréhensifs, les mardis et mercredis, monsieur monte à Paris, pendant deux jours il est débarrassé de bobonne, on ne va lui reprocher de s’épanouir un peu parmi ses congénères.

Quant à la réprimande de Claude Bartolone, je la trouve assez déplacée pour quelqu’un qui se situe au perchoir.

En revanche, je suis étonnée d’apprendre qu’il y a une buvette à l’Assemblée ! Une buvette… Et pourquoi pas une salle de shoot tant qu’on y est ! Ca permettrait aux députés mâles de se retrouver en groupes autour d’un billard et d’un bon cigare. Après tout, il existe déjà l’équivalent d’une salle de shoot pour les femmes : une pièce consacrée au tricot… Ainsi, elles peuvent se rhabiller entre elles pour l’hiver, avant la séance.

Si j’en crois l’histoire vestimentaire de l’Assemblée, cette tradition existe au moins depuis Simone Veil. Elle a failli être abandonnée à cause de Roselyne Bachelot, qui a emmêlé toutes les pelotes de couleurs.

Finalement, tout ce contexte rend un peu plus acceptable l’existence d’une buvette à l’Assemblée. Un débit d’alcool, certes, mais comment en vouloir à un établissement qui s’appelle le Palais Bourbon ? Notons au passage que les députés, si prompts à voter des taxes et autres accises depuis leur siège… Et bien ils s’envoient des bières et des ballons de rouge à 1 euro, à la buvette de l’Assemblée.

Le soir, le barman propose même un cocktail baptisé « Séance de nuit », à base de rhum, d’un trait de Cointreau et de jus de citron. Dans Le Parisien , en 2010 déjà, un députait disait ceci : « C’est un peu raide, mais ça donne un coup de fouet ».

Raideurs et fouet pour une séance de nuit, là on est au bord du scandale…

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