Avec le télétravail, les distributeurs de café et de confiseries sont délaissés. Une situation qui met près de 25.000 emplois en péril…

S'il n'y a plus personne dans les entreprises pour vider les machines à café, on n’a plus besoin de personne pour les remplir, c'est logique. C’est d’une tristesse : maintenant quand tu regardes dans la vitrine du distributeur de l’étage, y’a des toiles d’araignée entre les Bounty. Pourtant, au départ, les machines, elles étaient juste censées prendre notre place pour le travail, pas pour le chômage ! Mais voilà, un automate, c’est comme un auto-entrepreneur, s’il n’a plus de clientèle, il s’auto-ferme. 

C’est fou quand on pense que les distributeurs étaient les premiers sur le click-and-collect. Enfin, le sur click-« je fous un coup de pied dedans » – and collect. Et pour ceux qui restent au bureau, s’ils ont envie d’un p’tit truc sucré, ils sont obligés de commander par Deliveroo pour se faire livrer un Twix. 

Pourtant la machine à café faisait partie de nos vies, elles connaissaient tous les petits secrets des entreprises, toutes les confidences des lycéens... Et aujourd'hui elles se retrouvent seules… 

… seule dans des espaces-détentes désertés, le coeur gros débordant de tristesse et de kit-&-kat. Elles regardent passer les quelques rares employés au loin, percevant le cliquetis de la monnaie dans leur poche, toutes ces pièces qu’elles n’avaleront plus. Dans le fond, la machine à café peut enfin ressentir la même chose que son bouton « Potage aux légumes » sur lequel personne n’a jamais poussé. 

(On est d’accord que chez le prestataire de machines à café, le responsable potage c’est un emploi fictif ?)   

Ici on se sent très touché par cette situation parce que dans les matinales radios, la machine à café a plus d'importance que le rédacteur en chef, on le sait tous. C’est aussi la preuve apportée à Dominique Seux que faire une pause-café au travail, ça crée de l’emploi ! Et puis ce qui est carrément injuste, c’est que les distributeurs rendaient bien des services. Dans les gares, par exemple : à Paris, quand tu prends le RER C, le distributeur sur le quai, c’est le seul truc qui marche. 

Dans les entreprises, une partie des appareils ont aussi été arrêtés « parce qu’ils sont associés à la convivialité, donc au rassemblement »… Pourtant on le sait ça : « pas plus de 6 personnes en même temps à la machine à café ! » Nous voilà donc dans un pays qui laisse ses entreprises ouvertes mais qui ferment ses distributeurs automatiques. (Et n’en profitez pas pour aller acheter votre café en Suisse !)  

Le progrès nous permet de télétravailler mais pas de télé-faire-une-pause-café. Et il faudra plus qu'un Mars pour que ça reparte. 

L'équipe