A cinq mois des élections européennes, les partis de gauche n’ont pas réussi à s’entendre… Chacun présentera une liste de son côté. C'est un peu "la mega lose". Nous recevons ce matin une électrice de gauche…

Ouais, mais ne me demandez pas de quelle gauche, parce que j’en n’ai pas la moindre idée. Et d’ailleurs, si ça ne vous dérange pas, je préfère rester anonyme… je suis prof d’histoire-géo dans un lycée et je tiens à garder un minimum de crédibilité auprès de mes élèves.

Je suis déçue, déçue, déçue, m’sieur Jadot. Ca fait des mois que la gauche est inaudible, on ne vous entend pas, et puis quand vous prenez la parole, c’est pour nous dire : « Bon, on n’est pas prêts, personne n'est d'accord ». Je pensais que les valeurs de la gauche c’était l’ouverture à l’autre, le partage et la solidarité... Pour demander aux autres de les appliquer, y’a du monde, mais quand c’est à vous de jouer, la solidarité, c’est chacun dans votre coin !

Moi je vous le dis, je suis de plus en plus déprimée. Moi j’ai plus le goût à rien, je me suis désabonnée de « Télérama », je chiale dès que j’écoute Vincent Delerm et j’ai revendu mon intégrale de Ken Loach sur Leboncoin. Je ne suis pas loin de la détresse psychologique : d'ailleurs en ce moment je n'arrête pas de faire des rêves érotiques avec Lionel Jospin ! A cause de vous, nous les électeurs de gauche, on est la risée de tout le monde ! Tenez, rien que samedi, au supermarché j'ai croisé mon ex-belle sœur, Corinne : eh ben elle a fait semblant de ne pas me voir, tout ça parce qu'elle est encartée au MODEM. On en est rendus là, à se fait toiser par les copains de François Bayrou ! Vous savez ce que c’est l’humiliation, m’sieur Jadot ? Ah ben oui, j’suis bête, vous savez ce que c’est : vous vous êtes retiré de la présidentielle au profit de Benoît Hamon… 6%. Oui mais aujourd’hui, il serait battu par Nicolas Dupont-Aignant, qui caracole à 7% ! Si vous continuez tous à la jouer solo, vous allez même vous prendre une raclée par Jacqueline Gourault ! Et là, j’ai déjà le titre de « Libération » : « La mégalose des mégalos ! » Quand on pense que même Ségolène Royal a préféré retourner sur sa banquise, ça fait froid dans le dos. 

A chaque élection, vous vous faites tous ratatiner et ensuite tout le monde se fait la gueule à la place de discuter et de trouver des solutions ! Y’a bien un mouvement qui essaye de vous fédérer, qui s’appelle « Place publique »… qui est chargé d'apaiser les tensions entre les partis, sous la houlette de Raphaël Glucksmann. On tient le Julien Courbet de la politique ! 

Mais bon, je me raccroche à un espoir. Hier, je discutais du Parti socialiste avec quatre copines, et y'en avait quand même une sur les quatre qui connaissait Olivier Faure. L'air de rien, on avance ! Peut-être pas autant que Marine Le Pen, d’autant que là elle est tranquille, y’a aucun débat télé prévu au programme…

La morale de cette histoire, c’est qu’en 2017, y’a au moins six leaders de gauche qui sont tombés au fond d’un puits. Et quelle est la première décision qu’ils ont pris pour s’en sortir ? Décider qui sera le chef.

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