Révolution cette semaine, l’Académie française recommande de dire « LA » Covid-19 et pas « LE » Covid-19…

Eh oui Nicolas, COVID est un acroynme ! Et « les acronymes ont le genre du nom qui constitue le noyau du syntagme dont ils sont une abréviation ». Alors que nous, comme des cons, ça fait des mois qu’on parle bêtement « par métonymie, en donnant à la maladie le genre de l'agent pathogène qui la provoque ». Vous suivez ou pas ?

Ils s’en foutent les académiciens que ça fasse trois mois que TOUS Français aient imposé l’usage du masculin parce qu’on parle d’UN virus.

Les académiciens ont mis trois mois pour nous dire qu’on avait tout faux ! Après, ça fait des décennies qu’ils bossent sur un dictionnaire et ils en sont seulement à la lettre S, on n’est pas surpris. Déjà les 15 premiers jours, début mars, ils ont du discuter pour savoir s'il fallait autoriser le mot « gripette ». Et puis quand la pandémie s'est aggravée, ils se sont dit : « Bon, il faut absolument qu’on sache si Covid est masculin ou féminin ! Est-ce qu’on sait si à Wuhan c’était un pangolin femelle ? »

A ce moment-là, on est déjà le 16 mars, et bim, confinement général. Là, il faut imaginer que les académiciens ont dû se mettre au télétravail ! Et quand tu reçois un message « Alain Finkielkraut vous invite sur ZOOM à l'événement Apéro pour parler du genre du Covid », imaginez la tête d’Hélène Carrère d’Encausse ! « Alain, je ne vous vois mais je ne vous entend pas, parlez dans la petite lucarne ! »

Jean-Loup Dabadie a même failli être exclu ! Le jour où il a dit : « Je vous ai transmis le dossier COVID par mail », l’Académie s’est réunie pour savoir si on pouvait garder quelqu'un qui dit « mail » à la place de « courriel » ! Et le temps que Giscard comprenne que la visioconférence ne se fait pas à travers le micro-ondes, on était déjà le 28 avril…

Et puis, l’illumination : on dira désormais LA Covid parce que le D désigne le mot "Disease" qui signifie « maladie » en anglais. LA maladie, donc LA Covid, aujourd’hui on dit bien « en tension » à la place de « pénurie », les Français s’habitueront. Je rappelle que l’Académie française a été créée dans le but de normer la langue de l’élite pour la distinguer du peuple. D’ailleurs, on pourrait proposer que l'emploi du masculin dans les lieux publics pour « Covid » soit sanctionné par une amende de 135 euros. En revanche, dire « LA Covid » ouvrirait la possibilité de contracter un prêt bancaire ou une assurance vie.

Mais vu comment on traite tout ce qui est féminin dans notre société, « LA » Covid va râler quand elle va voir les conditions qu’on lui réserve. LA Covid, elle va se dire : « Ok, donc moi je fais le même boulot que LE choléra et lui il touche 20% de plus ? C'est injuste.»

Ce monde est devenu absurde : maintenant les immortels promeuvent la féminisation d’un mot ! Au moins j’aurai du ça de mon vivant !

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