Ce matin, Charline nous dresse le portait de Jean Castex jeune

Tout petit, Jean a peur du noir, comme beaucoup d’enfants, si ce n’est que lui pleure à chaque fois qu’on l’emmène au cinéma. A 9 ans, Jean est très timide, et il devient tout rouge ce jour de juin où l’instituteur lui demande si c’est lui « le petit nouveau », alors qu’il est dans la classe depuis la rentrée de septembre… Il est plutôt bon élève, mais ses parents pratiquent le chantage : « Jean, si les chiffres de ton bulletin scolaire ne s'améliorent pas au second trimestre, nous nous verrons dans l'obligation de prolonger ton interdiction de sortie. » Peu lui chaut, même quand il lit les commentaires des profs, Jean est « imperméable aux critiques ».

Heureusement arrive Noël, une fête qu’il adore. Excepté l’année de ses cinq ans, lorsqu’il reçoit un Mecano qu’il casse aussitôt : ne mesurant pas sa poigne, il a trop serré les vis. Un an plus tard, il n’a pas plus de six copains à son goûter d'anniversaire, un par bougie. A 7 ans, il déclare alors : « Ce n’est pas de gaieté de cœur, mais la bamboche c'est fini ». 

Jean a 11 ans lorsqu’il passe sa deuxième étoile en classe de neige, mais il se prend une perche de téléski en pleine poire. Il se retourne alors vers son moniteur et crie : "Je me vengerai ! »   

Au collège, il n'a jamais été délégué de classe. Mais en quatrième, coup de bol, il est nommé délégué suppléant à la demande du délégué principal qui trouve que l'ancien suppléant lui fait de l'ombre. Il propose alors la mise en place d'une attestation pour les élèves qui veulent se rendre aux toilettes pendant les cours. L'idée n'est pas retenue à cause de la lourdeur administrative qu'elle provoque.   

En cours de sport, lorsqu’on compose les équipes, il est toujours choisi en dernier. Il finit par confisquer le ballon pour empêcher ses camarades de continuer à pratiquer le foot, une activité trop conviviale à son goût. A l'adolescence, Jean commence à faire le tri dans ses amis qu'il considère comme non-essentiels.  

Lorsque Jean se résout enfin à participer à une surprise party, il fait un coma éthylique après avoir ingéré une moitié de panaché. Quand il retrouvera ses esprits deux jours plus tard, il fera ce constat : il n’est vraiment heureux que lorsqu’il prend les transports en commun. Il dira alors : « Pourquoi aller au cinéma quand on peut regarder le paysage défiler par la fenêtre du RER ? » 

A 17 ans, Jean écrira au proviseur pour lui signaler la présence d'élèves au bistrot en face du lycée : cette atmosphère enfumée pourrait causer de graves dommages sur leur santé et encombrer l’infirmerie. Les bars, c’est pas trop son truc, le resto, les musées et les concerts non plus. Il préfère travailler dans sa chambre : un véritable visionnaire, un jeune en avance sur son temps. 

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