Le déconfinement est beaucoup plus agité que prévu…

On peut même dire qu’il est explosif. On a l'impression qu'on était tous confinés à l'intérieur d'une bouteille de Coca dans laquelle on vient de jeter un Mentos. Ca explose dans tous les sens. Et une fois de plus, on n’a rien vu venir ! 

Pendant deux mois, on a tous cru que les gens faisaient du pain et des crumble aux pommes en écoutant les petits oiseaux chanter, alors que pendant ce temps, ils préparaient la révolution. Mais à l’Elysée, ils surveillaient les Français sur Instagram, ou quoi ? « M’sieur le président, tout est calme les Français fabriquent du pain » Très bien, qu’ils fabriquent aussi de la brioche ! « Ne vous inquiétez pas m’sieur le président, les Français font tous du yoga, ils vont sortir dé-ten-dus ! » Mmmmh… Vous êtes sûr Martin ? 

« Tout-à-fait sûr m’sieur le président, les Français font des apéros skype, ils s’enquillent des Ricard en bouffant des olives, tout est calme » Mmouais, enfin… Martin, pensez à brancher le son quand même… Eh ben ouais, parce que pendant les apéros Skype, certains préparaient la lutte.

Et tous ces gens qui soudainement s’étaient mis au jogging… Maintenant ils courent plus vite que les flics ! Et tous ces parents qui ont révisé l’histoire avec leurs enfants : l’esclavage, Colbert, les guerres de religion… Certains ont même pu réviser les tactiques militaires devant les rediffs de « La 7ème compagnie ».

Il faut dire qu'on a eu deux mois pour prendre du recul sur tous nos problèmes et maintenant on a envie de les résoudre. En somme, depuis deux mois, le peuple français couvait quelque chose… et c’était pas une gripette. Résultat, en deux semaines, on est passé de la distanciation sociale à la convergence des luttes, du gel hydroalcoolique au gaz lacrymo, des applaudissements aux encerclements, de la peur à la colère, de Veran à Castaner, et de « Restez chez vous » à « Descendez dans les rues ». Même les flics se mettent à faire des manifs MAIS QUE FAIT LA POLICE ?

Au gouvernement, on pensait que le retour à la politique ce serait les municipales, on se demandait quels ronds-points on allait déplacer pour remporter des voix. Alors qu'en fait la reprise politique, c’est la question ancestrale du racisme ! Résultat : les élus sont débordés, il disent : « Ok on va s'occuper du racisme mais vous voulez pas qu'on s’occupe des ronds-points avant ? »

A Matignon, c’est la consternation : « On ne comprend pas ! On a créé des rues piétonnes pour qu’il y ait plus de terrasses, on a rouvert les parcs et les gens veulent manifester quand même ! » Quant à Macron il doit se dire : « Nan mais moi quand je parlais d'un nouveau monde, c’était un peu comme celui d'avant, mais dans lequel on se lave les mains un peu plus souvent. »

Quand on enferme des gens déjà un peu vénères, ils ressortent complètement en colère. Et les gestes barricades succèdent aux gestes barrière.

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