Ce matin, Bertrand Delanoé est l'invité de Léa Salamé pour parler de la fin de vie...

J'imagine les auditeurs qui viennent de se réveiller, et qui se disent : « Il est même pas encore huit heures et ils nous parlent de la fin de vie! » Après, on va enchainer avec les infos sur les morts du Covid, et ici, dans le couloir, il y a des gens qui me poussent dans le studio et qui me disent : « Allez, Charline, maintenant fais-nous rire, on en a besoin. » 

Ça fait un an qu’on ne voit défiler partout que des médecins, des épidémiologistes, des chercheurs. Alors avant d'enchaîner avec la campagne présidentielle, Léa, elle s'est dit : « Et merde, moi aussi j'ai le droit de me détendre un peu ! Je vais inviter Bertrand Delanoë pour parler de la fin de vie ! » D’autant qu’à Paris, diverses sensibilités s'expriment autour du sujet : les automobilistes parisiens sont pour qu'on euthanasie les cyclistes alors que pour les cyclistes c'est l'inverse... Donc tout le monde est pour !  

Mais donc chapeau m’sieur Delanoë, vu le contexte où tout le monde ne pense qu’à revivre, ça ne doit pas être facile d’être audible pour parler de la fin de vie. Après, si personne ne vous écoute, on a le 06 de Samuel Etienne : on peut vous arranger un petit live sur Twitch. 

Les gouvernements français ont toujours été contre l'euthanasie, alors que contrairement à l'Astra Zenaca, là on est sûr que ça fonctionne. Personne ne s’est jamais plaint d’effets secondaires indésirables. Taux de réussite de l’euthanasie :1 00%. Et là vous vous dites : peut-on rire de la fin de vie ? Oui, à l'heure où la vie est devenue chiante comme la mort, c’est une nécessité. 

Y’a même des Français qui viennent en Belgique pour en finir. Vous avez peut-être le savoir-vivre à la française, mais nous, on a le savoir-mourir à la belge. (Oui, j’ai préparé toutes mes meilleures blagues d’euthanasie.)   

On s'est toujours demandé s'il y avait une vie après la mort, mais en 2021, la question est de savoir s'il y en a encore une vie avant la mort... Rappelons que l'euthanasie, c'est une façon de partir plus dignement que sous le poids de trois CRS... Pourtant le gouvernement français reste frileux : d'ailleurs, vous aurez remarqué que sur l'attestation de déplacement il n'y a pas de case : « aller mourir en Suisse. » C’est pas une raison essentielle pour sortir de chez soi, et comme le rappellent ses opposants : un enfant, c'est un papa et une maman et une mort c'est une souffrance et une volonté divine.  

C’est aussi un sujet difficile parce qu’il n'y a aucun levier pour négocier avec des personnes qui souhaitent que tout s'arrête. On ne va pas leur dire : « Maintenant tu vis, sinon je te tue ! » 

Voilà, je vous laisse là-dessus, sur ce besoin de rire de la mort, parce qu’on aura tout le temps de faire la gueule après l'avoir croisée. Et surtout, puisqu’aujourd’hui, on ne peut plus jouir sans entrave, comme je le dis toujours : « mourons sans entrave ». 

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