Revenons sur cette proposition du patron du Medef, Pierre Gattaz : le SMIC jeune.

pierre gattaz s'interroge sur l'objectif d'une remise à plat de la fiscalité
pierre gattaz s'interroge sur l'objectif d'une remise à plat de la fiscalité © reuters

Ne boudons pas notre plaisir... Car oui le SMIC pour les jeunes c’est une bonne idée. On va enfin pouvoir faire construire nos smartphones par nos enfants. Et ensuite, si ça fonctionne, Pierre Gattaz nous proposera de replanter des champs de coton dans toute la France… Quelle manne pour l'emploi des 15-25 ans !

Oh ça va les jeunes ! Qu’est-ce que vous croyez ? On n’entre pas comme ça tranquille dans la vie active : y a un bizutage ! C'est ce que le patron du Medef appelle « mettre le pied à l'étrier ». Cela dit, les jeunes n'auront même plus de quoi se payer un tour en poney. D'autant qu'on sait très bien que la TVA sur le cheval, c'est 5 % si tu le manges, et 20 % si tu le montes.

Manuel Valls a tranché hier, il a exclu l'idée d'un SMIC jeunes. C'est parce que lui le formule autrement. Il dit : « La France ne peut pas vivre au-dessus de ses moyens.» Donc, formons nos enfants à vivre en-dessous des moyens des autres. De toute façon, quand on y réfléchit bien, le Smic Jeune ça existe déjà, c’est payé zéro euro et ça s’appelle un stage.

Sacré Pierre... qui n'a pas le Gattaz à tous les étages. Il pensait faire un geste envers François Hollande : après tout, le Smic jeunes, ça n'est jamais qu'un choc de simplification du SMIC. Sauf qu'on en aurait plusieurs... Alors que certains se battent pour l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes, d’autres veulent créer une nouvelle inégalité entre les jeunes et les vieux.

Mais si on sous-paye les jeunes qui travaillent, comment ils vont faire pour payer nos sous-retraites ?

Et puis tant qu'à diviser encore plus la société, je propose le SMIC pour les cons, le SMIC pour les femmes (quoique, ça existe déjà, ça s'appelle la Carte Cofinoga) ou le Smicta, mais ça c’est pour quand on a mal au ventre. (J’ai remangé un carambar hier, désolée.)

- Vous me voyez obligé de prendre la défense de Pierre Gattaz, qui a dit : « Pour créer des emplois, il ne faut écarter aucune piste »

Ah mais là je le rejoins, Eric ! Pourquoi ne pas étudier d’autres pistes : « La journée à 1 euro » tous les salariés bosseraient une fois par mois pour 1 euro. Ou bien (tiens, celle-là je l’aime bien) pour obtenir un CDD, le jeune doit d’abord verser une caution équivalente à sa rémunération. Je pensais aussi à l’extraction du gaz de schiste assurée par des enfants contre des bonbons. Mais l’opinion publique n’est pas encore prête… pour le gaz de schiste.

On a plein d’idées innovantes pour les jeunes sous-prolétaires en France : dans le dernier TopChef, il fallait faire un repas gastronomique en cuisinant des épluchures.

Et puis, un jeune, ça n’a pas besoin de beaucoup d’argent : ça mange des pâtes, ça boit du coca, des fois ça va au McDo ou alors quand c’est vraiment la fête ça s’achète un préservatif… Alors qu’au Medef, on a des familles, des enfants et des chiens à nourrir, des 4X4, des actions en bourse, des maisons de campagne, des maîtresses… Non, vraiment, les dépenses ne sont pas comparables.

Vouloir payer les gens en-dessous du Smic pour résoudre le problème du chômage, c’est comme proposer une chaussure plus petite à quelqu’un qui s’est tiré une balle dans le pied.

Et ça, Laurence Parisot l’a bien compris. Quand elle a dénoncé l’esclavage que constitue ce Smic Jeunes. J’avais bien vu que l’ex-patronne du Medef avait des petits airs d’Arlette Laguiller. Oui Lolo Parisot avec les travailleurs !

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