Ce matin, j’ai envie de lancer un débat. Pour ça, il faut d’abord trouver une ligne de fracture de la société qui n’a pas encore été trop exploitée. Et ça en France, ça n’est pas évident. Parce que si dès le matin on n’a pas sa petite dose de débat ou de polémique, la journée s’annonce morose.

La polémique ici, c’est un petit peu la dosette Nespresso de l’esprit : on a le choix parmi une immense variété mais dans le fond, ça a toujours le même goût. L’intérêt c’est que c’est vite avalé et que ça nous excite pour la journée.

Avec l'INRIA, le déambulateur "intelligent" est testé au CHU de Nice
Avec l'INRIA, le déambulateur "intelligent" est testé au CHU de Nice © Radio France/Mathilde Dehimi

Alors je me lance… et je constate une toute grosse faille en matière de vision socio-économique entre le journalLa Croix et le journal Libération . Pour La Croix , la vieillesse est un facteur de développement économique, et donc le déambulateur intelligent avec détecteur de chute est un secteur d’avenir.

Pour Libération , la filière porteuse est un godemichet en forme de Tour Eiffel : le sextoy made in France est un facteur de frémissement de l’économie.

J’en veux pour preuve une autre innovation donnée en exemple dans Libé : « Le slip français », une entreprise qui vise un chiffre d’affaires de 800.000 euros en 2013. L’avenir du made in France est aussi dans le slip, et là, le ministre du Redressement productif en est conscient…

Entre les secteurs économiques d’avenir pointés parLibé et par La Croix, je pense qu’on est face à deux conceptions inconciliables.

A moins… que le vibro-déambulateur trouve sa clientèle, ou qu’un entrepreneur pense à intégrer le viagra dans le pilulier électronique.

Après tout, pourquoi la gérontechnologie n’inclurait-elle pas un brin de fantaisie ?

250.000 emplois en dix ans ! Alors qu’on dit toujours que nos vieux vont nous coûter bonbon pour leur prise en charge, je trouve que c’est une bonne nouvelle. La Croix , c’est un journal qui voit toujours la bouteille de vin de messe à moitié pleine.

Et ces gérontechnologies, elles sont déjà bien intégrées à nos vies. Prenez la télésurveillance, par exemple. Très efficace ça, ou même l’audiosurveillance ! Je suis certaine que ça peut être une solution contre la maladie d’Alzeihmer : ça a permis à Serge Dassault de se souvenir de ce qu’il avait fait de ses petites économies. Récemment, il avait oublié qu’il avait fait une petite dépense pour les municipales à Corbeille-Essonne.

La vidéosurveillance, ça permet à Gérard Depardieu, Alain Delon ou Jean Roucas de se rappeler in extenso de tout ce qu’ils ont dit… Parce que l’anosognosie, cet espèce d’Alzeihmer light, touche de plus en plus de personnalités (Jacques Chirac a oublié qu’il avait arrêté de fumer. D’où une idée qui m’est venue : le sonotone à vapoter, je vais déposer le brevet en sortant de ce studio.)

Pourtant, aujourd’hui, autour de 65 ans, on ne devient pas encore vieux. Mais pour certains, qu’est-ce qu’on devient con ! C’est une observation du Huffington Post français. Dans un article paru hier, le site d’information s’interroge : « Comment expliquer l’irruption de vieux cons sur la scène publique ? »

Et bien dans le fond, ils sont représentatifs de la réalité, on connaît tous un vieux con qui éructe en bout de table, dit l’article. Mais comme on ne leur veut pas de mal, et que le déambulateur est un produit d’avenir, je vais pouvoir éviter une chute à cette chronique.

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