C’est l’hiver, la crise, la fatigue, tout fout le camp. Mais au milieu de la dépression que traverse la France, cette semaine, un rayon de soleil est venu transcender tout un peuple : l’ouverture du Burger King de la gare Saint-Lazare.

Ah mais non, c'est un événement national ! Parce que Burger King avait déjà ouvert deux fast-foods, mais juste de l’autre côté de la frontière. Après de le poste de douane de la porte d’Italie. Il y a déjà un Burger King à Reims. Et à Marseille, des gens vont exprès jusqu’à l’aéroport de Marignane pour aller manger un hamburger appelé "Whooper". Ca c’est dingue. C’est comme si des gens allaient chez Ikea juste pour manger des boulettes suédoises.

Hamburger
Hamburger © Konstantin-Yuganov- Fotolia

Lundi, il fallait faire 2h30 de queue pour s’envoyer un burger à 7 euros sur une table en formica avec une dosette de ketchup à déchirer avec les dents ! Les Américains sont morts de rire. Et puis sachant que le travailleur français a en moyenne 40 minutes pour sa pause déjeuner, il faut poser une RTT pour manger chez Burger King. Les Allemands sont morts de rire. D’ailleurs, il faut même deux RTT : une pour faire la file et casser la croûte, et une autre le lendemain pour terminer de digérer. C’est bien la preuve qu’il s’agit d’un restaurant. Personne ne va me faire croire qu’il s’agit d’un fast-food.

L’ouverture gare Saint-Lazare, c’est un tel phénomène que j’ai lu des analyses sur des site d’info et dans la presse . On se souvient de l’endroit où on était quand Lady Di est décédée, on se souvient de ce qu’on faisait le 11 septembre. On se souvient du jour où on a mangé son premier menu "Whooper"

Oui, d’après les sociologues, le Burger King est la madeleine de Proust des quadragénaires. Quand on boit sa première gorgée de Coca Zéro pour essayer d’avaler sa première bouchée de hamburger, instantanément, le souvenir ému de sa première remontée acide revient en mémoire.

Selon l’explication du magazine « L’Express », « Les Français sont attirés par les marques disparues » . Suez envisage de se rebaptiser « La lyonnaise des eaux. »

Pourtant, quand j’observe les français dans les boulangeries, je ne suis pas certaine que le fast food soit viable à long terme. Il y a un moment où commander « un burger tradition avec un steak pas trop cuit », ça risque d'agacer le serveur.

Et puis l’autre danger qui guette le restaurant (oui restaurant, il a trois champignons vénéneux au guide Michelin). L’autre danger, c’est José Bové : il est prêt à démonter le fast-foot comme un portique éco-taxe. Je vous rappelle que pour le Mac Do de Millaut, il avait été très méthodique, il s’était d’abord entraîné à démonter soigneusement un Big Mac. C’est quand il s’est entraîné sur une armoire Ikea qu’il est devenu violent et qu’il a opté pour la hache.

Parlons-en de la concurrence. Il paraît que lundi, Ronald Mac Donald’s s’est jeté dans la Seine. Personne ne s’en est rendu compte, jusqu’à hier où le corps a commencé à se décomposer et la Seine est devenue vert fluo.

Ca en dit long sur la provenance de la viande dans les fast-foods. Et je n’évoquerai même pas l’hypothèse de la viande de cheval. De toute façon, faire 2h30 de queue pour un hamburger, c’est quand même le mètre étalon de la connerie

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