Un nouveau métier apparaît en France : chargeur de trottinettes électriques… des auto-entrepreneurs qui récupèrent les engins, la nuit, pour les recharger chez eux…

Oui et j’ai reçu un témoignage de l’un de ces travailleurs précaires, je vous lis sa lettre qui commence par ces mots : 

  • Ne dites pas à ma mère que je suis chargeur de trottinettes, elle pense que je suis livreur Deliveroo…
  • On a beau répéter qu’il n’y a pas de sot métier… là, j’dois dire que je prends énormément sur moi.
  • Je m’appelle P. je suis chargeur de trottinettes électriques, un métier qui demande peu de qualification, vu que ça consiste à brancher et débrancher une prise. Mais je me suis mis en auto-entrepreneur, donc je suis mon propre patron. Je récupère les engins dans Paris, la nuit (c’est comme un grand jeu de Pokémon Go) et je les ramène chez moi pour les recharger : 5 euros la trottinette. Ce qui crée des malentendus, puisqu’hier j'ai croisé la mamie du 1er étage dans les escaliers, j'avais quatre trottinettes sous le bras. Elle est donc persuadée que j'ai quatre gosses, que je les séquestre, et elle m'a envoyé les services sociaux, dont l’un des agents s’est pris les pieds dans les câbles qui traînent au sol. Tout ce qu’il a gagné, c’est quatre jours d’ITT…
  • Alors que le seul souci chez moi, c’est dès que je branche trois trottinettes et mon grille-pain, je fais sauter les plombs. Heureusement j'ai la solution : j'ai installé une dynamo sur mon vélo d'appartement, comme ça je pédale pour recharger les trottinettes. En revanche, je commence à avoir de mauvais réflexes : la dernière fois qu’un pote a rechargé son téléphone chez moi, je lui ai facturé 5 euros. J’avais l’impression de faire des heures supp’ ! Je crois que même c'est une vocation chez moi. Déjà tout petit je rechargeais les piles pour les revendre à mes copains à la récré. 
  • Alors faut pas croire, c’est crevant comme boulot et j'en connais certains qui finissent en burn-out : mon collègue Dimitri était tellement au bout du rouleau qu’il a mis les deux doigts dans la prise pour tenter de se recharger un peu...  ça fait une semaine qu'il est à l'hôpital. Mais lui n’est couvert par aucune assurance, bien entendu… De toute façon, Dimitri allait ramasser les trottinettes électriques en Kangoo Diesel, alors…
  • Moi ce que j'aime dans ce métier, c'est le sentiment du travail accompli, quand au petit matin je vois tous ces Parisiens aller au boulot en se faisant insulter par des piétons parce qu'ils roulent sur le trottoir... C'est mon petit plaisir quotidien.
  • Alors peut-être qu’un jour nous serons remplacés par des drones qui localiseront et porteront à la recharge toutes les trottinettes de la ville. Mais bon, il faudra quand même des gens pour recharger les drones… Encore une preuve qu’entre la start-up nation et les précaires, le courant passe vraiment bien.
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