Ce matin, Jean-Pierre Farandou est l'invité de Léa Salamé. Charline cherche à mieux le connaître…

Vous êtes très discret pour un patron de la SNCF ! Votre prédécesseur, Guillaume Pépy, quand on ne le voyait pas pendant quinze jours, on l’appelait pour lui demander de ses nouvelles. C’est Dominique Seux qui sonnait l’alerte, il nous disait : « Mon dieu, faites qu’il n’ait pas été kidnappé par un syndicaliste ! » Vous, m’sieur Farandou, quand on tape votre nom dans Google, la correction automatique propose « Farandole ».

Alors vous nous intriguez, parce que vous vous êtes assis dans le fauteuil de PDG de la SNCF il y a un peu plus d’un an, vous avez à peine eu le temps d’allumer l’ordi, de commander un café, que BIM !  Grève historique, puis direct, pandémie. Pendant ce temps Guillaume Pépy il sirote un mojito dans son jacuzzi. (Oui on était inquiets on l’a appelé pour avoir des nouvelles.) 

Vous entrez à la SNCF en 81, vous y faites quasi toute votre carrière, et quand vous finissez par prendre le pouvoir, c’est le pire moment. En politique ça s’appelle « faire une Olivier Faure »… Vous voyez qui c’est ? Olivier Faure… le patron du PS !... Le… le PS enfin ! En tous cas chez eux ils disent à Olivier Faure : dis-donc t’as pas de bol d’être le patron en ce moment, dans le milieu de l’entreprise on appelle ça « faire une Farandou ! » 

Vous avez aussi présidé le conseil d’administration de l’orchestre national d’Île-de-France. Là, les seuls retards que vous aviez à gérer c’était le second violon qui jouait une mesure après tout le monde. Avouez, vous regrettez cette époque. Si, votre place à la SNCF est tellement difficile que Philippe Martinez aurait déclaré : « Jean Pierre Farandou est un très bon mauvais patron. » 

En tous cas, depuis la pandémie, le service n’a jamais été aussi excellent : la place pour les jambes, échange et remboursement sans frais… Les trains à moitié vides on n’était plus habitués. La dernière fois j'ai demandé à une femme qui était six rangées devant moi de parler plus fort au téléphone, parce que je n'étais pas assez dérangée. On est presque nostalgiques de pouvoir dire : « Excusez-moi mais sur mon billet c'est moi qui suis côté fenêtre ». Heureusement, vous avez un objectif, un plan qui vise à faire entrer la SNCF dans une « aire de mobilité durable ». Alors que vous êtes précurseur là-dedans : depuis des années vous incitez les Français à préférer la marche-à-pied ! 

Allez, je vous souhaite de continuer à nous faire préférer le train, parce que Jean Castex il pense que c'est à lui de nous faire préférer nos appartements. Et profitez-en, pour une fois vous avez du soutien, parce qu’en ce moment on n’est plus des usagers du train, on est les vaches qui les regardent passer. 

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