Les héros de cette « guerre » contre le Coronavirus sont dans les hôpitaux, mais pas que…

Hommage aux caissières qui chaque jour mettent leur santé en danger
Hommage aux caissières qui chaque jour mettent leur santé en danger © Getty / James Hardy

Rendons aussi hommage aux caissières et aux caissiers, ainsi qu’aux livreuses et aux livreurs. Grâce à toutes ces personnes, nous pouvons continuer à nous nourrir de céréales et d'interviews de Léa Salamé ! Ces travailleurs ont interdiction de voir leurs proches, mais ils doivent livrer des double-cheese vegans à des dizaines d'inconnus par jour ! Quand ces livreurs ont leur famille au téléphone, ils leur disent : « Maman, si tu veux me voir, tu n’as qu'à commander des sushis, y'a une chance sur 200 pour que ce soit moi qui te livre ! » Malheureusement, cher travailleur, ce n’est jamais toi qui livre chez tes parents, mais en plus tu culpabilises, dès qu'un petit vieux commence à te parler pour chasser sa solitude, toi t'es obligé d'écourter la conversation… parce que tu te dis que si ça se trouve, t'es en train de le tuer !

Ces pauvres livreurs à vélo, ils devaient déjà se trimbaler la commande, le casque et le GPS. Maintenant, il leur faut aussi le masque, les gants et le gel hydroalcoolique. Avec tout ça, ils n’ont même plus la place pour caler une soupe miso ! Et bientôt ils seront obligés de livrer en fourgonnette !

Quand aux caissières et caissiers au supermarché, pour beaucoup d’entre nous, ils sont devenus notre seul contact humain extérieur…

A tel point qu’on leur dit bonjour et qu’on leur parle ! Et on a plutôt intérêt… Parce que eux ils sont « utiles à la nation ». Vous pas, vous êtes en télétravail ! Et en plus de scanner nos articles, on leur demande de scanner nos névroses. Entre deux paquets de nouilles, il y a parfois une théorie du complot qui se glisse sur le tapis roulant. En plus, avec les masques, on comprend rien à ce que les gens racontent. Alors imaginez qu’on ait eu l’idée de remplacer toutes nos caissières par des machines ? On ferait comment aujourd'hui pour avoir une conversation avec un être humain ? Les bars sont fermés, ce sont eux qui se tapent toutes les discussions de comptoirs ! La caisse de supermarché est devenue un refuge...

Pendant que certains risquent leurs vies en soignant des personnes contaminées, d'autres risquent leurs vies en alimentant des personnes confinées. Que ça doit être fatiguant de voir les rayons dévalisés tous les jours alors qu'on demande de ne pas céder à la panique. J’ai une  pensée pour ces caissières qui voient défiler des centaines de rouleaux de PQ tous les jours… Être au premières loges de la bêtise, si ça c’est pas éligible à la pénibilité…

Quant au chef de chez Carrouf, au lieu d'être sur leur dos, il est confiné chez lui en slip, en train de gérer les stocks à distance. Je pense aussi au Medef, dont le cœur se serre à chaque pause que prend une caissière pour aller se laver les mains… Alors rendons hommage à nos livreurs, livreuses et à nos caissiers, caissières en espérant qu'un jour ce sera à notre tour de leur rendre la monnaie.

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