Les chefs de parti se réunissent à Matignon ce soir pour décider de la date du second tour des municipales. Le Conseil scientifique ne s’oppose pas à ce qu’il ait lieu fin juin.

Déjà il faudrait qu’on puisse se rappeler pour qui on avait voté au premier tour ! En revanche, on ne pourra pas dire qu'on n'a pas eu le temps de bien réfléchir pour qui voter au deuxième. Trois mois d’écart entre les deux avec le Covid au milieu… Mettez-vous un instant à la place des gens qui avaient voté Agnès Buzyn le 15 mars ! On parle des même gens qui au départ voulaient voter Griveaux le 15 février, je vous rappelle ! Et à Lyon ? Il y a peut-être des électeurs qui se sont retrouvés en réanimation tout ça pour aller voter pour Gérard Collomb. A Pau, des citoyens ont risqué leur vie pour sauver la fin de carrière de François Bayrou !

Et puis les mesures sanitaires ont considérablement évolué. Au premier tour des municipales on ne parlait pas de masques. Mais on nous demandait de venir avec notre propre stylo. Alors au second tour ? On va demander aux gens de venir avec leur propre isoloir ? On demande aux gens de les fabriquer et on ajoute des rayons isoloirs dans les supermarchés ? Sinon on organise le scrutin au drive-in, ça fonctionne très bien pour le Mac Do et pour la messe. Comme ça, le dimanche matin, au drive-in, tu peux voter, assister à la messe et emporter le déjeuner, le tout sans avoir à sortir de la bagnole ! Ou alors… on fait des élections en visio sur Zoom ou pendant un apéro Skype. Moi je pense à réduire au minimum l’abstention… parce que fin juin, à moins d’ajouter l’interdiction de la pêche à l’urgence sanitaire, je ne vois pas très bien comment on va motiver les citoyens.

D’autant plus que nos préoccupations ont totalement changé depuis le premier tour ! Souvenez-vous à l'époque, on se battait contre la réforme des retraites. On se disait qu'il fallait qu'on puisse avoir de l'argent pour quand on sera vieux, alors qu'aujourd'hui, on se dit que ce ne serait déjà pas si mal si on arrivait à devenir vieux.

Les gens ont peut-être évolué individuellement aussi. Imaginez un cadre de chez Total qui votait à droite, pendant le confinement il a maté tous les docus du National Geographic et l’intégralité de la Casa de Papel ! Il ne votera plus pareil.

Le boulot de maire a changé aussi : « si c’est pour être responsable de la distribution des masques, du fléchage au sol et de la réouverture des bars, mais allez-y sans moi… Je donne toutes mes voix à mon opposant, allez, c’est cadeau ! »

Ah oui, aussi : dans le monde d'avant, on se pinçait souvent le nez pour aller voter : ce geste n'est plus autorisé pour des raisons sanitaires. En revanche, aller voter, ça reste un geste barrière : contre le virus des extrêmes.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.