C’est vendredi, c’est ravioli, c’est culturel, j’ai envie de commencer cette chronique en musique:

Il est apparu bronzé, mal rasé, et il a mangé… une fondue aux cèpes. Ah pardon, mais ce n’est pas donné à tout le monde de manger une fondue aux cèpes. J’en connais des plus rondouillards qui feraient mieux de se mettre à la sole meunière et à l’eau minérale.

Pour certains, il serait mal venu de s’afficher en mangeant une fondue aux cèpes. Mais lui, il peut…

D’ailleurs, il peut tout faire en ce moment, on ne lui fera aucun reproche. Alors il en profite. Lui, quand il donne rendez-vous aux journalistes, ce n’est pas dans un café parisien, parmi le petit monde de Saint-Germain.

le retour de nicolas sarkozy, une stratégie du quitte ou double
le retour de nicolas sarkozy, une stratégie du quitte ou double © reuters

Non, lui, quand il propose un café, c’est « Chez Suzanne » au Petit-Bornand, en Haute-Savoie, et il y au moins dix journalistes qui font le déplacement. C’est ça la class ! Parce que le lendemain, dans tous les journaux, il y a un grand article avec une photo… Alors que quand on y réfléchit bien, c’est un ancien président qui vient remettre une bricole à un ancien député, dont personne ne se souvient de son nom. Ben il twittait pas à l’Assemblée, comment voulez-vous qu’on se rappelle qui c’est ?

Que voulez-vous, Nicolas… c’est un Phoenix ! Par exemple, Chirac ou Giscard, on ne sait pas ce qu’ils ont mangé la veille. Nicolas, oui. Mercredi, il a donné 25 minutes de conférence… Ah non pardon, de « confidences » ! (Heureusement, sinon ça aurait coûté un bras aux rédactions.)

Donc voilà, il a offert 25 minutes de confidences autour d’un café, et il a dit : « Parfois, quand les gens réfléchissent, ils se demandent s’il ne faut pas quelqu’un au-dessus de la mêlée. »

Il connaît bien les gens. Parce que moi c’est une question que je me pose parfois. Parce que je suis les gens et je réfléchis… parfois. Et je me dis : « Ah il faudrait vraiment quelqu’un au-dessus de la mêlée. » C’est ambitieux, parce que ça n’est pas évident quand on a des petites jambes, de grimper au-dessus de la mêlée.

Mais de toute façon, c’est pas la peine de chicaner, parce que Le Parisien l’a écrit dans le sous-titre de son article : « L’ancien chef de l’état, lui, s’est placé au-dessus de la mêlée. »

Si Nicolas avait dit : « Parfois, quand les gens réfléchissent. Ils se demandent s’il ne faut pas quelqu’un qui mange une fondue aux cèpes »,Le Parisien aurait sous-titré : « L’ancien président, lui, s’est envoyé une fondue aux cèpes. »

Le cèpe serait ainsi devenu un marqueur politique. Le cèpe, c’est de droite. Comme la truffe. Même s’il y en a aussi à gauche, des truffes.

Bon, comme depuis mai 2012, ça fait déjà 42 fois qu’on dit qu’il va revenir, moi, ça y est, j’y crois complètement.

Le problème, c’est que ses amis se divisent en deux catégories. Il y a ceux qui estiment que c’est à leur tour de manger de la fondue aux cèpes. Et ceux qui se contenteraient d’un peu de pain, ce sont ceux qui ne vivent qu’à travers lui, qui le soutiendront toujours, même s’il abandonne « la petite politique parce que la France c’est autre chose ». Et ils ont leur hymne, alors en pensant à Brice et à Nadine, je voudrais terminer cette chronique en chanson [Jean-Pierre François : "Je te survivrai "]

On dirait du Didier Barbelivien, ça n’a pas pris une ride…
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