Charline a lu le conte de Jean-Claude Grumberg et le destin de Rose, jetée du train pour être sauvée de la déportation…

Hier soir, au moment de lire de votre conte, j’étais assise dans un train. Avec un mioche qui a hurlé pendant vingt minutes et que tout le monde avait envie de balancer par la fenêtre ! Sauf moi. Parce que j’étais (justement) en train… de vous lire.

Et je ne sais pas si les enfants pourront croire cette histoire, de « La plus précieuse des marchandises ». Autant, des contes avec des haricots magiques qui grimpent jusqu'au ciel ou des chats qui portent des bottes et puis qui parlent, pourquoi pas... Mais des hommes qui mettent des familles dans des trains, et qui les emportent au loin pour les exterminer… Au mieux, vos lecteurs se diront qu’à côté, le Petit Chaperon rouge et Boucle d’Or ont quand même eu la belle vie ! Et que souvent la réalité est bien plus horrible que celle que l'on imagine pour faire peur aux enfants. En somme, « L'homme est un grand méchant loup pour l'homme… »

Cela dit, le conte est en effet le meilleur moyen de transmettre aux plus jeunes. On en lit un peu chaque soir aux gamins avant de les border et en leur disant : « Et maintenant tu dors, sinon Marine le Pen va venir te chercher »… Un conte c’est fait pour répondre aux angoisses des enfants et pour nous rappeler les nôtres, par la même occasion. Tiens, d’ailleurs, vous avez pensé à envoyer votre texte à Ménard, Mariani ou Maréchal ? Non ! Vous avez raison, si vous devez l’envoyer à tous ceux qui ont la mémoire courte, vous n’aurez jamais fini…

Moi en refermant votre conte, je me suis dit : 

Il faut tout de suite lancer sa traduction en Hongrois, en Autrichien, en Italien, puis le faire voyager au Brésil et le diffuser aux Etats-Unis !

Et pour gagner du temps j’ai une solution : une adaptation par Walt Disney ! J'imagine déjà le final, avec le Général De Gaulle qui chante « Libérééé, Délivréééé ». Le seul risque c’est de voir votre histoire déclinée en attraction à Disneyland… et dans un sens ça a déjà été fait, ça s’appelle « La vita est bella » de Roberto Benigni.

Il est vrai qu’une fois que les témoins de cette époque auront disparu il faudra trouver tous les moyens pour ne jamais perdre la mémoire. Pour l’instant on n’est pas prêts à ça, mais demain, après « Tchoupi à l'école » ou « Tchoupi à la plage », pourquoi pas un « Tchoupi face à la menace SS »… Ça va faire un sacré contraste avec « Nuit et Brouillard », heureusement que Claude Lanzmann n’est plus là pour voir ça… Remarquez on aurait su quoi lui répondre au grand Claude : un conte sur la Shoah, ça nous change du joli conte paru à la fin de la seconde guerre mondiale… celui où tous les Français étaient dans la Résistance…

Bref. D'habitude, à la fin des histoires, il est écrit : « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Mais quand on lit la vôtre, m’sieur Grumberg, on espère tout juste qu'à la fin il y ait écrit : « Ils vécurent ».

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