La ministre de la santé pourrait bannir la cigarette du grand écran, elle dit ne pas comprendre l’importance de la cigarette dans le cinéma français…

Alors ça c’est épatant ! Parce qu’on s'est aperçu récemment qu'il y avait pas mal de choses à interdire dans le milieu du cinéma… Mais la cigarette ? Est-ce vraiment une priorité ? Je rappelle que la plupart des gens ont beaucoup plus envie de fumer après une heure passée devant BFMTV qu'en sortant du dernier Tarantino.

Un gage de créativité ? 

Et le jour où un réalisateur voudra se lancer dans un biopic sur Bob Marley, de le voir couvert de patchs, à bouffer des nicorettes, je suis pas sûre que ça aide la création cinématographique. Et si ça oblige les producteurs à créer des remakes validés par le ministère de la Santé, est-ce qu’on ira voir : « Le bon, la brute et le vegan », un film « Sans armes et sans gluten » ! Et que dire de cette adaptation garantie sans fumée : « Truman Vapote » ?... Et vous croyez qu'il les aurait arrêtés tous ces criminels, Columbo, s'il avait dû s'emmerder à recharger régulièrement sa clope électronique avec du liquide goût vanille ?

C’est chouette, le cinéma français va ressembler à une pub pour les saucisses Herta croisée avec une pub pour l’assurance-vie : on va s’évader ! Parce que le cinéma doit aussi envoyer du rêve... Quand on voit le héros d'un film qui enchaine clope sur clope, et qu'on connait le prix du paquet de cigarettes, on se dit : « Waouh, le cinéma français a encore des moyens ! » et là, ça permet de fantasmer ! Et puis pour une fois qu'on peut voir des fumeurs de près sans avoir à supporter la fumée et l’odeur dégueulasse, c'est dommage de se l'interdire ! Ca va, les gens savent faire la différence entre une fiction et la réalité. Ils savent bien que les acteurs ne font pas les mêmes choses que leurs personnages ! A part Gérard Depardieu, qui fait bien pire…

Alors quoi ? En France, on pourra encore montrer des actrices et des acteurs fumer…

mais du saumon, ou du jambon. Enfin… que dans les films où les héros ne mangent ni trop gras ni trop salé ni trop sucré…

Alors, est-ce que madame la ministre remet en cause la cigarette au cinéma parce que c’est le « mois sans tabac » ? Dans ce cas on attend avec hâte le  « mois sans dire de connerie », parce que ça va être dur de s’abstenir.

Moi je dis que la cigarette fait partie du patrimoine du cinéma français, au même titre que le lifting. On ne peut pas séparer le personnage de son vice : Serge Gainsbourg et la clope, Georges Brassens et la pipe, Richard Ferrand et les Mutuelles de Bretagne !

Alors pour conclure je pose cette question : est-ce qu'on ne devrait pas combattre les problèmes de notre réalité plutôt que ceux de nos personnages de fictions ?

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