François Hollande me fait de plus en plus penser à Colombo, sa cravate de travers en guise d'imperméable fripé. Imaginons qu'il joue de cette synthèse entre un Flanby et une fraise des bois pour dissimuler sa ruse et mieux arriver à ses fins.

Il travaillerait à ce qu'on le sous-estime, on ne s'en méfie pas, et puis, bim, il obtiendrait un gros résultat.__ Une sorte d'Aimé Jacquet de la politique. (Et là, séisme médiatique, toute une génération d'éditorialistes est décimée, et la mire revient sur toutes les chaînes d'info en continu.)

Bref, revenons-en à Colombo : aucune enquête ne lui résiste, c'est le type à qui tout réussit. Confions-lui le temps d'une chronique la mission d'intégrer les Roms en France.

Comme c'est un rusé, il laisserait la police procéder à l'expulsion de la jeune Paolina, qui s'apprêtait à partir en voyage scolaire avec ses petits camarades.

Colombo connaît le pouvoir de l'émotion, et sa puissance, quand elle entre dans la caisse de résonance des médias. Alors, il reste silencieux, il laisse le scandale éclater... et quand le couvercle est prêt à sauter, il propose de sanctuariser l'école. Vu l'émotion suscitée, la mesure passe comme dans du beurre. Plus question d'interrompre jusqu'à l'activité périscolaire, même s'il s'agit de dessiner des carottes.

« Vous savez, m’sieur, ma femme me dit toujours qu'on ne franchit pas certaines frontières, et la porte de l'école en est une... Elle a toujours raison, ma femme...»

Sanctuariser le temps scolaire, c'est un trait de génie... puisque désormais, pour se mettre à l'abri de l'expulsion, les familles roms scolarisent tous leurs enfants. Mieux, ils les inscrivent aussi à la cantine, ce serait trop con de se faire pincer en allant chercher un sandwich sur le temps de midi.

Et puis, les enfants ne sècheraient plus les cours, l'assiduité serait maximale. Et quel meilleur vecteur d'intégration que l'école pour ces enfants et ces familles. Les parents eux-mêmes seraient du coup très assidus en réunion des parents, à tel point qu'un Rom accèderait enfin à la présidence de l'association des parents d'élèves. Les réunions se tiendraient dans la chaleur d'un feu de camp, le soir, dans la cour de l'école.

Et quoi de plus fédérateur qu'une fête de fin d'année ? Pour passer un maximum de temps dans le sanctuaire, les parents roms s'emploieraient à organiser la fête de fin d'année. Finis, les spectacles niaiseux, finies toutes ces heures passées à coudre un costume de courgette. Vous avez bataillé avec l'employé communal pour pouvoir appeler vous deux filles Clémentine et Nectarine, c'est pas pour qu'elles finissent déguisées en courgettes !

Non, il y aurait plein de nouvelles activités bien plus amusantes: attraper des poules, le lancer de couteaux, jouer de la guitare avec trois doigts. Et pour les parents, on organiserait une activité: « J'apprends à faire un créneau avec une caravane accrochée à la voiture. »

Pour la fête des mères, finis les colliers de nouilles. Ca suffit, maintenant c'est collier en or massif pour toutes les mamans.

Portons notre regard plus loin, cherchons l’intérêt commun. Après la fête de l’école, Monsieur Durand aura enfin trouvé quelqu’un pour réparer sa toiture. Et en retour, monsieur Preskovic aura enfin une comptabilité claire et nette.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.