Les crues et les inondations ont sinistré le département du Var, mais depuis hier, la pluie a cessé. Il ne reste donc plus qu’un seul endroit en France où la vigilance orange est maintenue, c’est à la BNF. La Bibliothèque nationale de France, où une inondation prive encore les lecteurs de 10.000 ouvrages. Chaque employé a été prié d’amener son sèche-cheveux au boulot.

Préfiguration du projet de Joseph Kosuth pour la BnF
Préfiguration du projet de Joseph Kosuth pour la BnF © Studio Joseph Kosuth

L’autre technique pour sauver les ouvrages détrempés, c’est de les lyophiliser, une opération de déshydratation du papier. J’étais sûre qu’il y existait un point commun entre Victor Hugo et le Royco minute soup’. Cette mésaventure à la BNF, ça reste tout de même un plaidoyer pour le papier, parce qu’essayez un peu de faire ça avec votre iPad, on va rire…

L’autre technique consiste à placer les livres sinistrés dans un congélateur spécial. On a fait un peu de place à Emile Zola entre les lasagnes.

La Bibliothèque nationale de France, une des plus importantes bibliothèques au monde. Elle a donc pour mission numéro un : la conservation des documents. Je crois qu’on peut passer directement à la mission numéro deux.

Les canalisations en PVC ont lâché et puis les faire passer près des lieux de stockage des collections du patrimoine, c’est un peu comme se faire un petit barbecue en pleine garrigue en attendant que le mistral se lève.

Mais attention, la directrice générale se veut rassurante : « la fuiten’entraînera pas de pertes irrémédiables pour le patrimoine ». En effet, seuls des imprimés ont été sinistrés, les manuscrits sont abrités à la bibliothèque Richelieu. Les ouvrages rangés au congélateur seraient principalement de la seconde moitié du XIXème siècle, des copies d'ouvrages plus anciens, mais aussi des collections de poche, des périodiques, des revues universitaires...

A l'écouter, rien de grave : on dépense des millions pour remettre en état des vieux SAS, et des piles de « Modes et Travaux ». C'est plus la BNF, c'est la maison de campagne de tata Jacqueline.

Le souci, c’est que les « fouites », comme vous dites, c’est récurrent, à la BNF.

Oui, tiens, reparlons des mésaventures de la salle de philosophie : elle a dû être bâchée alors que des eaux usées se répandaient partout. Oui, comme à Roland Garros un jour de pluie, sauf que là-bas je vous rappelle qu’il n’a pas de toit, donc c’est logique.

On le sait, la philosophie prend l'eau de nos jours, la BNF le prouve. Entre 2001 à 2013, la direction a réalisé 43 opérations de mise en conformité des réseaux hydrauliques pour un montant de 3,4 millions d’euros. C'est sûr qu'en matière d'architecture, faire des tours de vingt étages où on finit par devoir faire pipi dans un seau, c'était pas l'idée la plus géniale. Peut-être un hommage à la prostate de François Mitterrand, je ne sais pas… c’est quand même lui qui a donné son nom au bâtiment.

Les syndicats se plaignent, ils précisent que «d’après la direction du service de l’hygiène, tout a été prévu pour le feu mais pas pour l’air, ni pour l’eau.» Dans les couloirs il y a un extincteur tous les 50 mètres, mais ça manque de serpillières.

C’est quand même dingue : la BNF n’a même pas prévu une matière absorbante, même la moindre serpillière, alors que la nouvelle Vania ultra contient de la sphaigne.

Enfin, si le secteur privé s’en mêle, on vient de trouver un sponsor. On coincera Jean-Paul Sarte entre deux boîtes de Tampax.

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