Un sujet de société : la généralisation de l’open space dans les entreprises…

La France est une start-up nation ?

 Je vous propose de nous interroger sur notre espace de travail ! Car après avoir cloisonné les espaces, puis les avoir décloisonnés en disposant les employés sur ce qu’on appelle en français un « plateau paysager », les études ont démontré que « les travailleurs en open-space dépriment et sont davantage malades » Voilà ! On aurait d’abord dû tester sur des rats ! Et ça on aurait du s’en douter dès qu’on a arrêté de parler avec notre voisin de bureau, parce qu’a la place on lui envoie des e-mails.

Alors, un peu d’histoire

L’open-space prend son essor aux Etats-Unis dans les années 50… et il s’inspire très certainement de l’architecture carcérale où les gardiens peuvent voir tout le monde sans être vus.

Je suis certaine que plus tard, les historiens diront que : 

Notre époque, qui avait du mal à faire émerger une conscience collective retrouvait paradoxalement la loi du groupe dans un open-space où l’on s’observe quotidiennement. 

Voilà comment le « plateau paysager » permet d'élargir les compétences des employés. Par exemple, un simple « graphiste » deviendra grâce à l'open-space un « surveillant graphiste ». La promiscuité permet d'aiguiser les qualités des travailleurs, comme la patience. Car lorsque Muriel qui vous fait face passe son cinquième coup de fil perso de la matinée, et que vous savez que mardi elle a rendez-vous chez le coiffeur et jeudi après-midi chez le banquier, parce que le matin elle peut pas, vu qu'elle accompagne sa chienne Poupette chez le vétérinaire,… il faut vous armer de patience pour ne pas lui balancer votre agrafeuse entre les deux yeux.

Pas de bureau attitré

 L’espace est impersonnel, certes, mais si vous êtes viré dans trois mois, ça ne sert à rien de trop s’installer ! Et ce n’est pas grave, car vous êtes désormais « un CDD nomade qui télétravaille ». On fait du coworking et des conf’call ! Alors peut-être avez-vous confondu « autonomie » avec « liberté » ?… Perdu ! Vous n’êtes pas libre, puisque vous êtes au boulot. Non, c’est votre bureau qui est devenu libre, car dans la start-up nation, « N’importe quel lieu fait office de bureau »… Même au jardin d'enfant vous dites à vos gosses « Non ! Manam ne peut pas venir te pousser sur la balançoire, tu vois bien que maman travaille ! » On peut même bosser le soir dans son lit : « Chéri, pas ce soir… là je suis déjà à deux doigts de conclure un rapport, deux ça fera trop. »

Et si dans l’open-space, vous trouvez que c’est tellement plus marrant de bosser le cul posé sur une balle en latex entre deux parties de baby-foot dans l’espace détente, dites-vous que le mal-être des employés n’étant plus rentable, les actionnaires ont opté pour leur accorder un peu de bien-être.

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