Un aspect de ce pays que j’aime beaucoup : c’est qu’on y crée des tas de lois. Et puis on décide un jour que ça fait un peu beaucoup et on veut les simplifier. Là, on réunit tous les députés et on travaille pour les modifier. Voilà comment depuis une semaine, un animal n’est plus considéré par la loi comme un « bien meuble », mais comme « un être vivant doué de sensibilité. »

les animaux reconnus comme des êtres doués de sensibilité
les animaux reconnus comme des êtres doués de sensibilité © reuters

J'aime que cette décision soit prise de manière collégiale à un certain niveau de l’Etat… alors que n’importe que gamin de 5 ans qui marche sur la queue du chat sait que c’est « un être vivant doué de sensibilité. »

Tant qu’à mobiliser les élus de la République sur ce dossier, j’ai moi aussi quelques questions à soumettre au législateur. Si les animaux ne sont plus des biens meubles : qu’en est-il de l'animal empaillé ?

Mon chien étant un « être sensible », si je le balade en laisse dans la rue, peut-on considérer que j’entretiens une relation sadomaso avec lui ? Et lorsqu’il était un bien meuble, est-ce qu’en le promenant j’effectuais pour autant un déménagement ?

Moi on ne m’écoute jamais, pourtant j’ai plein d’idées pour occuper vos députés…

Car quand je vois ce que fait mon chien de sa journée, je me demande si mon armoire normande n'est pas plus active que lui...Pour tout vous dire, j’aimais bien cette idée de considérer les animaux comme des biens meubles. Par exemple, quand j’étais encore à l’école, je n’aimais pas trop disséquer des grenouilles en classe de SVT. En revanche après, j’adorais les remonter entièrement, comme une étagère Ikea…

Ensuite, dans certains cas, ce n’est pas forcément rendre service aux animaux que de les savoir doués de sensibilité… Quand on pense que le chien de Gilbert Montagné est obligé d’écouter ses chansons toute la journée, je préférerais le savoir comme étant un bien meuble. Une chaîne Hi-Fi en l’occurrence, dans ce cas particulier, elle agit plus qu’elle ne subit. Je poursuis ma réflexion sur les amendements possibles à la loi. Si je m’écoutais, j’ouvrirais une commission d’enquête sur le sujet !

Par exemple, je me demande : si un pitbull mord un enfant, est-ce qu’on va l’envoyer au pénal ?

C'est une question à poser à Frédéric Lefèbvre, il a l’air très impliqué dans le dossier. Voilà un homme politique doué de sensibilité (ce qui signifie qu’à un moment, il a dû être un bien meuble…) Voilà un député auprès des Français de l’étranger, qui malgré ses billets d’avions illimités pour sillonner sa circonscription s’ennuie et meuble son temps avec de nobles causes. Il s’inquiète du sort des animaux en cas de divorce de leur maître. Ce qui à mon avis complique les choses puisqu' avant, on aurait pu le déposer au garde-meuble.

Enfin, on ne m’enlèvera pas de l’idée que le changement de statut des bêtes, cela coïncide étrangement avec la réouverture du zoo de Vincennes. Avant c’était un vieil établissement rempli de vieux meubles, une sorte de brocante, désormais, c’est donc un établissement pénitanciaire.

Conclusion : le statut d’être vivant doué de sensibilité ouvre la porte à des droits pour les animaux. Bientôt, pourquoi pas le droit de vote ? Ca existe déjà dans pas mal de pays avec les moutons.

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