Retrouvons Marie-Agathe à La Baule, lundi dernier, elle avait fui Paris à l’annonce du confinement…

C’est l’enfer Nico ! Hier matin je faisais mon yoga sur la plage, j'ai été chassée par un drôôône ! Un drôôône ! ça m'empêche de faire ma salutation au soleil ! Comment voulez-vous rester zen après ça ? Ca sert à rien d’être confiné à La Baule, on ne peut même plus sortir le bateau, je ne sais pas si à Paris, vous vous rendez compte de l'absurdité de la situation ? Le gouvernement a peur qu'on croise un pangolin au large des côtes, ou quoi ? Pourtant on a téléphoné au Maire qui est un ami de Stanislas mais rien à faire ! Résultat ici c'est comme la province...mais en pire !

Sinon pour passer le temps on s'entraine à prendre l'accent du coin. On est confiné à cause du virus mais aussi parce que tous les gens d'ici veulent notre peau ! Alors on essaie de se fondre dans le décor quand on sort faire nos courses. J’ai même commandé un petit caban couleur rouille sur le net, je passe quasi inaperçue… (quasi)

Je fais tout ça pour mes pauvres enfants... quand je les vois courir dans si peu d'espace, ça me brise le coeur. Au bout d'un moment jouer à cache-cache dans un jardin de 700 mètres carré c'est lassant, c'est toujours les mêmes cachettes...

Bruit de vase cassé

Stanislas, fais attention je suis en direct sur France Inter là ! Qu’est-ce tu as cassé ? C’est pas le vase de grand-maman au moins ? C'est mon mari, comme les enfants occupent le jardin, il a décidé de jouer au golf dans le salon... On essaie de s'adapter...On est au système D nous aussi ! Vous savez quoi ? Je devrais écrire un journal de confinement, tiens, je l’enverrais à « Ouest France »… Les gens se rendraient compte de la débrouille… et que… mon appartement à Paris me manque…

On n’arrive même plus à jouer au Monopoly, ça nous déprime ! Hier, au bout d'un quart d'heure, tout le monde était en pleurs à force d'entendre parler du Faubourg St Honoré, et des Champs Elysées... C'est terrible ! J’aurais du rester à Paris, là j’ai tous mes livres et mon ouvrage à broder !

Vendredi Stanislas a passé deux heures dans la voiture garée dans l’allée, moteur allumé, au point mort. Quand je lui ai demandé ce qu'il faisait il m'a répondu : " ça me rappelle le périph'"... Nous allons tous très très mal… Nos voisins parisiens sont à court de Prosecco, résultat, on ne peut même plus faire de Spritz !

Enfin, il faut penser à ceux qui souffrent, et j'en connais ! Pas si loin de chez nous à la Baule y'a la famille Tramoulet, ils sont 4 pour un jardin qui fait 50 mètres carré. Quand je pense à eux j'ai le cœur serré... J’espère qu’ils vont bien… Parce qu’ils sont dans une situation compliquée... Et vous savez, ils sont sans doute des centaines comme eux !

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