D’après la presse ces derniers jours, la France est nostalgique de Jacques Chirac. Car Jacques Chirac, ça évoque les temps heureux. La France championne du monde de foot. La France qui joue un rôle majeur sur la scène internationale, en s’opposant à l’intervention en Irak. Une France sans Médiapart, où les affaires n’en sont pas et où les révélations des journalistes restent des affabulations.

Chirac à Paris
Chirac à Paris © Radio France / Max PPP

Voilà, Chirac, c’est tout ça. Chirac, c’est à la mode. Tellement à la mode qu’on risque de le retrouver sur les plages cet été. Ah, en chaussettes sous son short à Brégançon, vous vous souvenez ? Quelle élégance !

Et puis, c’était l’époque bénie de la paix sociale, de la France Black Blanc Beurre. Et le bruit. Et l’odeur…

Même la justice est nostalgique de cette période. Elle veut réentendre Edouard Balladur et François Léotard dans l’affaire Karachi. Mais attention, Karachi, c’est sans Chirac. L’ex-président est un exemple pour l’UMP : oui, il a réussi à passer à travers les mailles de la justice, alors qu’il aurait dû passer de « Mangez des pommes » à « Apportez-moi des oranges ».

Jacques Chirac a montré la voie à toute une nouvelle génération de politiques : « Si les affaires ne vous oublient pas, il suffit d’oublier vous-même les affaires. »

La « chiraconostalgie » a d’abord touché le Premier des Français : François Hollande. Au point d’envisager une ouverture vers un fidèle chiraquien : Jacques Toubon. Oh, quelqu’un qui, lorsqu’il était ministre de la Culture, a voulu raser les colonnes de Buren et supprimer la Fête de la Musique. Il ne peut pas être totalement mauvais.

En revanche, Toubon Défenseur des droits… Et pourquoi pas Gilbert Collard à la Culture ? Je sais pas moi : c’est comme si Copé déposait un projet de loi sur la transparence en politique ! C'est fait ? Au temps pour moi… Je ne m’y habituerai jamais.

Quel est l’héritage de Jacques Chirac ? Si on devait le remercier pour une seule chose, ce serait d’être passé du septennat au quinquennat. Parce que Sarkozy ou Hollande deux ans de plus, ce n’est pas possible.

Avant, la figure tutélaire à laquelle se raccrochaient les hommes politiques, c’était de Gaulle. En ce moment, c’est Jacques Chirac. Encore un des effets pervers de la crise, tout est au rabais. Donc, François Hollande ne doit pas désespérer en voyant sa courbe de popularité. Avec un peu de chance, il y aura un président encore plus nul que lui dans quelques années, et il se retrouvera à la place qu’occupe actuellement Jacques Chirac dans le cœur des Français.

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