Je ne voudrais pas que nous passions à côté d’une triangulaire de première importance : celle entre Bouygues, SFR et Numéricable. Pour rappel, SFR est en vente. Bouygues et Numéricable se disputent pour le racheter, et Free attend en embuscade, pour étendre sa couverture. Un gros enjeu pour Eric Raoult qui attend de savoir s’il pourra envoyer des sextos, même depuis le fin fond de la Creuse. (« Fin fond de la Creuse »… Je pense que je viens de faire un pléonasme ?)

Moi, je commençais juste à m’habituer à avoir la 3G et 4 opérateurs. Et maintenant j’apprends qu’il va y avoir 3 opérateurs mais la 4G ! Je suis perdue. Ceux qui sont chez Free et qui ont tout compris peuvent peut-être m’expliquer.

Alors déjà, remettons à plat les forces en présence, sinon on va perdre tout le monde. Commençons par Free, c’est le Ryanair de la téléphonie mobile… Quoique, il ne faut pas combiner les deux. Parce que Ryanair atterrit dans des aéroports comme Beauvais, c’est-à-dire des zones où l’on ne capte pas Free… Attention.

Ensuite, il y a le numéro un du secteur en France : Orange, qui est trop gros pour pouvoir acheter SFR. Orange, c’est un peu l’envergure d’Air France, mais avec le moral d’un Tupolev.

D’ailleurs, petite parenthèse. Il faudra quand même m’expliquer pourquoi le premier opérateur de télécoms en France s’appelle « Orange », au lieu de s’appeler « Bleu ». Orange, c’est la couleur des Pays-Bas.

Heureusement qu’on est revenu à un peu de cohérence depuis l’élection de Hollande. Comme quoi, ça aura servi à quelque chose.

SFR, ce pourrait être la compagnie Virgin Atlantic, pour le code couleur et la touche glamour-showbizz. Dans la tour de contrôle, on trouve le gouvernement. Et j’oubliais Bouygues… qui est euh…ben qui est en train de bétonner le tarmac. Et son offre de rachat…

En ce moment, Vivendi, qui détient SFR, est en négociation exclusive avec Numéricable. Pourtant, Bouygues tente de l’emporter en augmentant son offre. C’est un peu comme si deux opérateurs dînaient en tête-à-tête, qu’un troisième tenait la chandelle (c’est Bouygues) et qu’un quatrième observait la scène assis au bar, c’est Xavier Niel, le patron de Free. Un vrai feuilleton économique, une vraie Sitcom à la française.

C’est un peu « Le Niel et les abeilles. »

Une chose ne changera pas, c’est le service client : il restera implanté au Maroc. Numéricable entend juste améliorer encore un peu plus la rentabilité : puisque les employés marocains répondent aux clients avec des kits mains libres, ils pourraient en profiter pour décortiquer des crevettes pendant les heures de bureau. (Je sais, ça ne fait rire personne à Rabat, mais qu’est-ce qu’on se Marrakech.)

Vivendi a ouvert les enchères entre Bouygues et Numéricable : « Oui ? j’ai 12 milliards d’euros pour Numéricable à droite et…ah ! Bouygues fait une offre supérieure à 13 milliards à gauche… Attention juste à ne pas donner le coup de marteau sur mon portable qui traîne sur le bureau, merci… »

Le point négatif avec Bouygues, c’est qu’ils ont déjà TF1. C’est donc pas une super idée de continuer à griller nos cerveaux avec du Wi-Fi et les ondes des téléphones portables.

Vous pensez bien qu’Arnaud Montebourg, le ministre du Viagra pour le patronnant, il n’est pas resté les bras ballants.

Montebourg voudrait en profiter pour relancer le Bibop, cet ancêtre du portable, emblématique du fleuron de l’industrie française. Maintenant, quelqu’un se dévoue pour lui dire qu’il peut ranger ça à côté du projet de relance de la Renault 5 hybride.

Téléphonie mobile : la guerre des prix
Téléphonie mobile : la guerre des prix © Radio France
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