Retour à la réalité, en ce 26 décembre. Je rappelle que la SNCF va supprimer 1400 postes en 2014. A force de diminuer le nombre de cheminots, il ne restera bientôt plus personne pour faire grève !

la sncf se défend de manquer de patriotisme économique
la sncf se défend de manquer de patriotisme économique © reuters

La direction vous dira que ces suppressions de poste ne touchent « que » 1% des effectifs de la SNCF. Mais c’est beaucoup, puisqu’on s’extasie dès que la croissance atteint à peine les 0,2%…

Mais non contente de dégraisser le mammouth à moteur, la SNCF dégraisse aussi ses menus. Et là pardon, mais ça concerne les usagers. Fini le mythique sandwich SNCF aussi plat que l'encéphalogramme de Nabilla. Ce goût incomparable de carton alvéolé, moi j’en ferais bien ma madeleine de Proust. Ah ma première traversée de douze wagons pour rentrer de la voiture bar sans renverser mon café !

Depuis novembre, la carte est totalement refondue, à l'image des câbles de cuivre volés sur les voies.Une délinquance qui nous vaut toutefois quelques moments de grâce sur les quais de gare.

Grâce à la nouvelle génération de sandwichs SNCF, on pourra désormais manger des produits DailyMonop' dans des barquettes sous vide où s’agitent et interagissent émulsifiants, conservateurs, stabilisants, colorants et acidifiants. Un théorème de Lavoisier à emporter : tout se transforme à l’intérieur.

Et si vous avez du mal à identifier la garniture, tant mieux, ça vous fera passer le temps du trajet grâce à jeu très amusant : essayer de déceler les «traces» de « fruits à coque », les traces de crustacés, de céleri, de sulfites, ou d’arachides. » Le plus dur à trouver, ce sont les traces de crustacés dans le sandwich au poulet. Ca fait presque autant d'ADN différents que dans une suite occupée par DSK. Même le plus chevronné des Experts Miami rendrait son tablier et ses gants en caoutchouc.

La restauration à la SNCF n’est pas du tout rentable, elle s’est donc fixé des nouveaux objectifs. En moyenne, seuls 25 % des voyageurs se rendent à la voiture-bar pour acheter quelque chose. Un autre quart achète en gare, un troisième apporte sa lunch box. Donc, la SNCF veut attirer le quart restant : celui qui ne consomme rien durant son voyage.

C'est à cet objectif de conquête qu'on mesure le dynamisme économique de la SNCF. Il faut qu’il y ait plus de gens qui mâchent dans le train que de vaches qui les regarde passer.

En revanche, dans le Ouigo, le train low cost de la SNCF, pas de voiture bar, bien sûr, c’est le train du pauvre qui n’a pas même pas les moyens de se payer un supplément bagage.

Seulement, le premier bilan du Ouigo est mitigé puisque les rames ne sont occupées qu'à 60%. Pire, il semblerait que 53% des usagers sont en fait des utilisateurs de TGV classiques. La SNCF se concurrence donc elle-même! On se stimule comme on peut!

Enfin, quand on réfléchit au concept du Ouigo face aux objectifs du TGV, on ne peut être que perplexe : si la SNCF veut faire manger 100% des passagers, tout en supprimant la voiture bar, on se trouve devant un modèle économique inédit.

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