Tant la presse que le bouche-à-oreille révèlent l’existence de restaurants clandestins…

Ohlala, le grand frisson ! Dîner après 18 heures dans un restau clandestin, à Paris, et à tout moment le préfet Lallemand qui peut débarquer ! Comme dans une boîte échangiste, sauf que tu t’envoies un céleri rémoulade. Et puis les boites échangistes c’est has been : le vrai frisson de l’interdit c’est le steak-frites servi à table. 

Dans toute la France ça se file des adresses « sous le manteau », il faut passer « derrière un rideau », puis par une petite porte qui donne sur l’arrière-cour, après tu traverses les cuisines : c’est plus un resto, c’est un escape-game ! 

On a toujours peur de voir la police débarquer en hurlant : « PERSONNE NE BOUGE ! MAINTENANT VOUS POSEZ DELICATEMENT CES OEUFS MIMOSAS sur le sol ». Mais bon, d'après les articles sur le sujet, ce qui vient gâcher ce grand frisson c’est que… c’est surtout la police, des politiques et des magistrats qui mangent à la table d'à côté, donc il y a moins risque de voir une descente de flics… La seule fois où il y a une descente, c’était un soir où le restaurateur leur a annoncé que c’était complet… il a du ajouter une table. Cela dit, tous les restaurateurs n’ont pas la chance d’être situés à proximité d'un commissariat ou d'un palais de justice. 

Il ne faut pas croire, les autorités restent vigilantes : l’autre jour, un policier n'a pas hésité à renvoyer son entrecôte en cuisine. Elle n’était pas assez cuite. C'est normal qu’ils aient besoin de se détendre : les flics, après avoir passé la nuit à tenter de stopper une soirée, s'ils ont un petit creux, on ne va quand même pas leur refuser de se faire un petit restau ! 

On se croirait à l'époque de la prohibition. C'est limite si les serveurs ne portent pas un borsalino quand ils te donnent la carte... à part qu'à la place d'Al Capone qui trafique du scotch, t'as un Cyril Lignac qui trafique des blanquettes de veau. Après les clients sont tout fiers de raconter leur expérience, ils sont là « Moi je l'ai fait ! Ouais ouais ouais je suis allé au restau ! Même pas peur ! Ah ouais tu me crois pas ? Tiens, regarde ça, j'ai embarqué une salière ! » Et nous comme des cons, on dit : « alors comment c’était ? » 

Vers midi, dans les entreprises, certains cadres commencent à parler entre eux par code… 

« Le pâté est dans la croûte. Je répète, le pâté est dans la croûte »… Les autres se refilent les adresses par messageries cryptées type Telegram… au 112, boulevard de la République, « Le café est gourmand. Je répète»… Oui ça va, oh ! 

Je sais bien que cette histoire fait de nombreux jaloux dont je fais partie, mais pour vous rassurer, dites-vous que tôt ou tard,  on payera tous l'addition. 

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