Frédéric Mion, restez avec nous… Charline Vanhonaecker tient à vous apporter son soutien…

Oui. Ca doit pas être simple d'être patron de Sciences Po aujourd'hui. Avec cette défiance envers les élites… J’ose à peine imaginer votre situation : « Ne dites pas à ma mère que je dirige Sciences-Po, elle pense que je vends des aspirateurs ! »  Donc, déjà, je voulais vous féliciter d'être venu témoigner aujourd'hui à visage découvert.

C'est bizarre cette défiance. C’est arrivé comme ça, d'un coup, en à peine 30 ou 40 ans, on a rien vu venir... Entre 84 et 86, Sciences Po a formé David Pujadas, Jean-François Copé, Anne Roumanoff, Arnaud Montebourg et Frigide Barjot. Science Po c'est comme le vin. Y'a des années avec et des années sans.

Imaginez, vous enseignez à Sciences-Po, vous partagez votre savoir, vous élevez le débat, vous vous donnez sans compter… et puis un jour vous allumez BFM et vous tombez sur une ancienne élève, Aurore Bergé. (promo 2009). Le choc. La remise en question d’une carrière. Bientôt on entendra les élèves se justifier : « Oui je suis à Science Po parce que j'habite pas loin, à deux stations de métro… »

Et puis c'est bien la peine de former des spécialistes de la politique si le Président de la République décide de prendre des gens de la société civile pour faire les lois ! Décidément il a roulé tout le monde celui-là ! Même son ancien bahut il ne le respecte pas !

D’ailleurs je pose cette question : est-ce vraiment nécessaire de s'intéresser aux sciences politiques pour gouverner un pays ? Franchement je ne crois pas, j'ai l'impression qu'un BTS marketing ou communication fait le taff… Sauf pour le ministère de l’Intérieur, où là, il vaut mieux sortir d’un PMU.

J’ai lu votre communiqué. Vous dites que la candidature à Science Po « sera facilitée avec Parcoursup ». Je ne demande qu'à vous croire mais dans cette phrase, les mots "Parcoursup" et "facilitée" sont beaucoup trop proches pour que ce soit crédible…

Vous dites aussi « Nous ne sommes plus l’école des beaux quartiers et de l’entre-soi ». Rassurez-moi… Vous n’allez pas déménager en banlieue comme le Parti Socialiste quand même ? Et puis Science Po qui veut au moins 30% de boursiers. En être réduits à admettre des pauvres. C'est vraiment la crise. Vous allez finir par faire la sortie des usines…

Science Po veut devenir plus accessible et donner les mêmes chances à tous. Même le manifeste du Parti communiste était plus à droite ! Je dis attention m’sieur le directeur, si vous continuez comme ça, on va rentrer rue Saint Guillaume comme dans une université !

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