Vous faites le bilan des manifestations de samedi…

Mon bilan il est simple : après un week-ends pareil, on est trop content d’être lundi matin ! Sur les Champs-Elysées, le bazar avait déjà commencé avec le Black Friday : le vendredi, on avait droit aux prix cassés, et… le samedi c'était tout le reste... La France a rayonné jusque sur CNN et à Tokyo, Carlos Ghosn a du se dire qu’il était mieux sur le futon de sa cellule qu’à une table au Fouquet’s. 

Le monde entier a vu les images des Champs saccagés ! Et ils ont dû se dire : « Mais à quoi ça sert qu'on leur laisse gagner la Coupe du Monde si c’est pour qu’ils s’énervent comme ça quatre mois après ! »

Quand on pense qu'il n'y a pas si longtemps, la seule chose qui dérangeait Anne Hidalgo sur les Champs Elysée, c'était la grande roue de Marcel Campion... C’était le bon temps ! En ce moment, ça doit être la panique à l’Hôtel de Ville (enfin, comme tous les jours, mais en pire, il faut récupérer les touristes) : « Mais siiiii Paris est une fête ! Venez, on a des trottinettes électriques ! On va accueillir les JO ! » Alors que quand tu regardes par terre, les Champs-Elysées, tu dirais l’avenue Simon Bolivar à Caracas, mais « Oh, regardez là-haut, les jolies illuminations ! C’est Karl Lagerfeld qui les a inaugurées ! » Mais là y’a toujours un mec qui répond : « Lagerfeld, le type qui posait en gilet jaune ? »… et là on est repartis. Comment donner envie de passer les fêtes à Paris ? Avec ce slogan : « Pour Noël venez nous aider à repaver les Champs ! Vivez un mai 68 à l’envers. Un mai 69. »

On aurait préféré voir sur toutes les télés du monde les images de la marche des Femmes, qui a rassemblé beaucoup plus de gens. Mais c’était sans doute trop bien réussi pour qu’il y ait des choses à en dire… De toute façon les manifs de meufs, c’est comme les salaires : c’est 20% de couverture presse en moins. Les femmes marchaient contre la violence. Ouais ben, la violence, fallait être pour, vous auriez été entendues ! La preuve dans les bars. Nous les filles, on attend toujours sagement notre tour, et puis y’a un gars qui débarque au zinc : « Roger, remets-moi demi ! » Si nous, derrière on ne hurle pas : « Et mon thé vert, ça vient, connard ? », on peut toujours attendre d’être servies !

La concomitance des deux mouvements c’était pourtant pratique. Tu vois une manifestation contre la violence et si t'as du mal à conceptualiser ce que c'est, trois rues plus loin, tu peux voir à quoi ça ressemble. Avouez qu’on est paumés. Il faut absolument que quelqu'un remette la main sur la notice explicative du fonctionnement de ce pays ! On est paumés parce qu’il y a de tout dans les gilets jaunes, c'est pour ça qu'on sait pas si on doit les comprendre ou leur en vouloir. Déjà on ne savait pas dire si Macron était de droite ou de gauche, et bien pour ses opposants c'est pareil !

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