Beaucoup de masques s’envolent encore dans la nature, alors qu’un masque chirurgical met 450 ans à se décomposer dans l’environnement…

Ca signifie que dans 450 ans, les dernières traces de la vie humaine ce sera un masque (et Michel Drucker)… Le masque chirurgical, c’est pas du papier, c’est du polypropylène, de la famille des thermoplastiques. On va bien pouvoir interdire le plastique à usage unique, mais pas en 2040… en l’an 2470. Ne le jetez pas dans la nature, parce que j'ai calculé aussi que le masque c'est 4h d'utilisation pour trois millions 944 mille 696 heures où il est là mais il ne sert à rien. (Pareil qu’un sénateur mais qui ferait 98 mandats). 

Et puis on retrouve de plus en plus de masque sur les plages. Et après, si ça se retrouve dans l’hélice de nos jet-ski, merci bien… alors que si ça se trouve ce masque, il a été porté SOUS le nez ! Et les poissons ? Ca perturbe leur écosystème : le mérou il est là, il est habitué à son environnement, il sait que là, y'a une anémone, ici, une algue… par là-bas deux ou trois canettes de bière, juste derrière une machine à laver... Si d'un coup on rajoute des masques, il perd tous ses repères le mérou ! Et si le masque se retrouve dans la mer, le poisson mange le masque, après le pêcheur, il pêche le poisson qui a mangé le masque. Mais toi tu manges le poisson, donc finalement tu manges ton masque. Dans ce cas-là pourquoi emmerder le poisson ? Pourquoi ne pas directement se faire rissoler un bon masque à la poêle, avec un trait de gel hydroalcoolique ça passe tout seul ! Je vois même pas pourquoi on se fait chier à imprimer des steaks végétaux en 3D alors qu’on peut juste continuer à bouffer du plastique…

D’après le livre intitulé « Le grand emballement », nous ingérons tous 5 grammes de plastique PAR SEMAINE sous forme de microparticules, soit l’équivalent d’une carte de crédit. Si un jour on retourne un soir au resto quand on vous demandera « Vous réglez par carte? » vous direz : « Désolé, je l’ai bouffé ». Vous savez ce qu’on dit maintenant : « Donne un masque à un homme, il le mettra une journée. Apprends-lui à pêcher, il en mangera toute sa vie. »

(Je précise que le règlement intérieur de Radio France m’oblige à porter un masque chirurgical, le tissu est proscrit à l’antenne.)

Mais vous imaginez le travail des archéologues lors des fouilles dans 300 ans ? « Michel ! J'ai trouvé encore trouvé un masque ! C’est 100è depuis ce matin… Je pense qu’ils devaient construire leurs maisons en masques, je ne vois que ça… » Le seul moyen qu'on a pour se protéger aujourd’hui, va nous tuer demain. C'est comme si en cas d'attaque nucléaire on allait s'abriter dans un bunker en amiante.

Allez, avec un peu de chance, d’ici 50 ans, les masques auront fondu avec le réchauffement climatique.

  • Légende du visuel principal: Charline Vanhoenacker © Radio France /
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