Depuis le début de l’année, c’est le Secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, qui fait figure d’opposant numéro 1 au gouvernement. Vous proposez de mieux de le connaître…

Oui, et pour cela, je vous propose de retracer son enfance…

Le petit Philippe Martinez voit le jour le 1er avril 1961 à Suresnes. Ce jour-là, son père s’exclame : « Et zut, à 30 jours près, il naissait un 1er mai ! » Voilà qui marqua la destinée de l’enfant, dont l’esprit contestataire s’exprima dès ses 18 mois, lorsqu’il prononça son premier mot : « NON », suscitant l’inquiétude de toute la famille car ce ne sera qu’à l’âge de 7 ans qu’il apprend à dire « OUI ».

Très tôt, le petit Philippe Martinez est dans « le dialogue et la concertation » et il n’hésite pas à se « mettre autour de la table », même si ses parents sont obligés de l’appeler plusieurs fois pour qu’il descende. Philippe décèle très tôt les moyens de pression à sa portée : comme beaucoup d'enfants, il comprend qu'il peut faire plier l’autorité parentale en renversant son assiette de purée.

C'est là qu’il puise l’idée de son premier coup d'éclat. A l’âge de 10 ans, alors qu'il est interdit de télé pendant trois semaines parce qu’il a répondu à son institutrice, il fait plier son père en cachant les clés de la bagnole pendant douze jours. C'est là qu'il comprend qu'on peut obtenir des résultats en empêchant les gens de se rendre au travail.

La même année, il crée le CCLPS, le « Comité Contre La Petite Souris ». En effet, il estime qu'une pièce de 1 franc contre une dent c'est trop peu et que la petite souris se remplit les poches sur le compte des enfants qu'elle exploite. Il demande à renégocier le contrat mais il reste sans réponse. C’est alors qu’un an plus tard, en 1971, le petit Philippe fait disjoncter le générateur de son immeuble parce qu’il n'a pas obtenu le train électrique qu'il avait inscrit dans ses revendications au Père Noël.

Arrivé au collège, il est puni pour avoir jeté des pierres au délégué de classe, un certain Laurent B., un petit fayot qui ne représentait pas assez les élèves et offrait des boites de chocolat au proviseur. Grâce à Philippe, sa classe de seconde verra alors se succéder près de 23 délégués en une seule année. C'est-à-dire la totalité des élèves, excepté lui. Ses camarades diront plus tard qu’il a toujours su retirer ses merguez du feu. A l'adolescence alors que ses copains fantasment sur Brigitte Bardot, il accroche un poster d'Arlette Laguiller dans sa chambre.

En 3ème il réunit une trentaine d'élèves pour défiler dans la cour du collège afin de protester contre sa prof de français qui souhaite étudier « Au bonheur des dames » plutôt que « Germinal ». Voilà. Après une vie de lutte entamée très tôt, on comprend pourquoi Philippe Martinez tient absolument à la retraite à 60 ans : pour lui, ça tomberait pile l’année prochaine.

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