Charline, vous avez des petits yeux ce matin.Oui, ça y est je me suis décidée cette nuit : je le quitte. Qui ça, Alex Vizorek ? Ah non, non ! Je quitte Facebook. Je suis comme ces millions de gens scandalisés par l’affaire des données revendues à Trump. Donc je fais le grand saut, je me déconnecte de Facebook.

Y’a juste que je sais pas encore très bien comment l'annoncer à mon mur…

Et tant pis si je ne connaitrai jamais l'évolution de la gastro du fils de Nadine, ma copine de CE2 que je n'ai pas vue depuis 89. Tant pis si ma belle-soeur finit par battre le record de Mireille à Candy Crush. Tant pis si je n'ai pas eu le temps de convaincre mon ancien voisin que cette photo qu'il a partagée où l’ont voit des migrants qui roulent en Mercedes à Courchevel, c’est un fake. Je pars même avant d’avoir élucidé ce qu’est un « poke ».

Musique

On en a pourtant vécu des belles choses avec ma page Facebook ! Tous ces pouces levés, ces commentaires enflammés, ces gens bloqués, ces soirées organisées, ces élections ruinées... On peut dire qu'ensemble on a accompli de grandes choses ! Tu m'as surprise quand tu m'as appris que ma boulangère fan de Julio Iglesias était aussi scarifiée sur les fesses... Tu savais quand j’étais bourrée, comme ce samedi soir où j'ai liké un sketch des Chevaliers du Fiel... Oh mon Facebook, tu lisais en moi comme dans un livre ouvert.

Et c’est bien ça le problème. Avec le temps, tu me surveillais de plus en plus. La goutte d'eau, je peux te le dire aujourd'hui, c'est cette fois où je suis sortie des toilettes et où j'ai reçu une notification de ta part pour me rappeler de racheter des tampons sans applicateur. Là, j'ai compris que ça allait trop loin.

Alors aujourd'hui, c'est l'écran moite et la souris serrée que je te t’adresse ces quelques lignes... Je n'effacerai pas les souvenirs que nous avons ensemble, car je ne doute pas que de ton côté tu les garderas bien au chaud. Après tout, comme le dit le proverbe : 

J'ai donné mes données, les reprendre c'est voler. 

Alors aujourd'hui en coupant Facebook, je n'ai pas peur de le dire, je me coupe du monde

Après tout, sur l'île de St Hélène, Napoléon n’avait pas de WIFI. Le seul lien ténu qui me reste avec la société c'est Twitter. Et Instagram aussi. Ou Snapchat.

Pourtant, on peut dire que ça fonctionnait plutôt bien entre nous, toi tu regonflais mon ego et mon je regonflais ta base de statistiques ayant pour but de prendre le contrôle de la planète, on était si heureux tous les deux. Je sentais bien de toute façon que je ne te suffisais plus, à chaque fois que je voulais faire une activité, tu me proposais d'inviter tous mes amis. Alors que moi, je t'ai tout donné, TOUT !! Et toi, TOI tu as tout revendu !

ADIEU monde virtuel !

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