Ce week-end, une déclaration d’Audrey Pulvar a ravivé un débat déjà très agité depuis une semaine sur les réunions non-mixtes, dont les blancs seraient exclus…

Déjà, première nouvelle, d’où il y a des gens qui font encore des réunions aujourd’hui ? 

Pour moi il est là le problème : avant quand on disait : « A 11 heures, il y a une réunion » tout le monde était là « Ouais, bof ». Et maintenant qu’à 11 heures, il y a « une réunion NON MIXTE », ah ben là, soudain, tout le monde veut y aller ! Aujourd'hui, visiblement, il y a des militants du Rassemblement national qui sont tellement en manque de réunions qu’ils rêvent d'aller écouter des noirs qui parlent de racisme et de discrimination ! On en est là ! Alors s’il y a des juges d’instruction qui nous écoutent : notez bien, si vous voulez que Marine Le Pen se déplace jusqu'à votre bureau, organisez une réunion non-mixte ! 

Attention, je ne suis pas en train de dire que je suis favorable aux réunions non-mixtes ! Non, parce que les blancs peuvent apporter une vraie plus-value dans ces réunions. Comme par exemple raconter leurs histoires de non-contrôle au faciès ou de non-discrimination à l'embauche. En plus il vaut mieux qu’il y ait au moins un blanc présent, parce que si ça se trouve, les noirs vont en profiter pour raconter des saloperies sur nous ! Bah ils vont peut-être dire qu'on n'a pas le sens du rythme et qu’on ne sait pas danser ! C'est pour ça qu'on veut y être, nous ! Pour pouvoir contrôler la parole libérée... Et dire « On n’est pas bien, là ? Décontracté du blanc ? » (un petit jeu de mot pour vous détendre, j’vous sens crispés sur la question. C’est étonnant, c’est pourtant un sujet frais et léger, c’est printanier !) 

Je disais donc que la présence des blancs pour parler des problèmes des noirs est indispensable. Comme la présence des hommes pour parler des problèmes des femmes. Ou de Jean Michel Blanquer pour parler des problèmes des profs. Oui c'est comme inviter le patron du Medef à une AG de la CGT. C'est poli, mais ça ne sert à rien. 

Démonstration : les réunions non mixtes accueillent les personnes discriminées. Mais quand les blancs se plaignent de ne pas pouvoir y participer, ils se sentent discriminés, de ne jamais avoir été discriminés. Ce qui est une forme de discrimination, en soi. Vous suivez ? En gros, on aimerait bien aller à une réunion non-mixte pour discuter du fait qu’on a du mal à intégrer ces réunions non mixtes.  

Parce que oui, c’était franchement mieux avant : pendant la colonisation les blancs participaient à toutes les réunions avec les noirs et ça ne posait pas de problèmes. Après la décolonisation aussi, on a bien vu ce week-end que Mitterrand a participé à des petites réunions avec le Rwanda… Comme si les blancs ne pouvaient pas jouer un rôle majeur dans l'émancipation des autres communautés ! Je vous rappelle que sans les blancs, il n'y aurait pas eu grand monde pour signer le traité sur l'abolition de l'esclavage ! 

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