Une de Paris Match Claire Chazal
Une de Paris Match Claire Chazal © Radio France

Je ne résiste pas à vous décrire la une de Paris-Match paru hier, elle est de toute beauté. En haut de la couverture : « Syrie : l’horreur des armes chimiques », avec en dessous Claire Chazal en liquette dans une pose lascive. Si elle décale son pied d’un centimètre, on peut connaître la marque de son string. Ca s’est joué à peu de choses.

C’est ça, Paris-Match , le poids du choc des sujets en couverture. Le visage de l’information (enfin, le visage, c’est pas exactement ce qui attire l’attention sur la photo de Claire Chazal…). Mais soit, le visage de l’information, et l’information elle-même : ça, pour ce qui du choc, il est frontal. Le cahier des charges est respecté.

Mais ne perdons pas de vue que c’est le string de Claire Chazal qui sauve le photojournalisme de guerre. Le string fait vendre le magazine, qui fait vendre les photos d’agence, et les agences ont un peu de rabiot pour envoyer un grand reporter en Syrie. On peut donc voir des Syriens, dans la même pose lascive que Claire Chazal, sauf que eux, c’est parce qu’ils sont morts.

D’ailleurs, tiens, citons-le ce photoreporter… Alors… le crédit photo des clichés en Syrie… Ah « Photos communiquée par les rebelles. »

Euh… ah, ouf, attendez… La théorie des vases communicants entre le string et l’arme chimique est sauvée par le photographe Serguey Ponomarev, qui livre un reportage en immersion dans l’armée régulière. Enfin, j’aurais mis « régulière » entre guillemets.

- A part ce reportage sur la Syrie, vous restez focalisée sur la culotte de Claire Chazal dont vous laissez entendre qu’elle ouvre d’autres l’horizons ?

Oui il y a un horizon derrière, mais politique… Mon reportage préféré dans Paris-Match paru hier, c’est celui sur François Fillon dans son manoir de la Sarthe. Il reçoit en famille à l’heure du thé. Alors, visiblement, la famille a eu un prix de groupe sur les polos Lacoste et les mocassins. C’est bientôt l’automne, et le retour des glands à mocassins…

- Vous voulez dire des mocassins à glands ?

Ah pardon, mais oui bien sûr ! Alors je vous décris le photoreportage : on voit François Fillon en voiture de sport sur un circuit de Formule 1, en canoë, et en tracteur. C’est chouette, ça rappelle la série des « Martine ». Ou « Fillon est dans le pré ». D’ailleurs, ça laisse supposer que dès potron-minet il part traire les vaches. Hein, François si tu nous écoutes, et que tu es entrain de traire, fais attention de ne pas éclabousser tes mocassins.

On voit aussi François Fillon en canoë avec son fils. Alors la photo a été prise un 23 août. Il doit y avoir un microclimat dans la Sarthe, parce que partout en France, vendredi dernier, on frôlait les 30 degrés, et François est en jeans et polo. Ca évite de retoucher les bourrelets, comme avec Sarkozy sur le lac Winnipesokee aux Etats-Unis. Juste en terme de communication, un sport où il faut ramer, je m’interroge sur le message que ça peut donner…

Le dossier s’achève tout de même sur une photo de l’ex-Premier ministre qui travaille à son bureau avec une pile de livres à côté et un truc qui ressemble à un vase Ming pour compléter la touche culturelle.

Et puis il y a trois pages d’interview, et dès la deuxième question, cette phrase magnifique qui vient couronner le photoreportage en tracteur : je cite François Fillon, « Je déteste la communication qui l’emporte sur l’action »…

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