Une partie de l’Europe est en plein repli sur le cocon familial : la solidarité se développe entre parents, frères et sœurs pour faire face aux difficultés financières. En France, c’est tout de même un retournement depuis mai 68 (c’est ce qui s’appelle un mai 69)… Mai 68 qui disait : « Famille, je vous hais »…

C’est un dossier à lire, cette semaine, dans « Marianne » et qui précise : 51% des 18-24 ans estiment que la famille est le seul endroit où l’on se sent bien. Déjà, pour dire ça, c’est 51% des jeunes qui n’ont jamais mis les pieds au Club Med.

Creusons un peu l’analyse pour chaque couche de la société. Accrochez-vous, c’est de la toute grosse lasagne sociétale…

Plutôt que de s’adresser à la banque ou à l’État-Providence, on se retourne de plus en plus vers sa famille. Et forcément, on est beaucoup mieux aidé quand on est issu d’une famille aisée. C’est un système qui reproduit des inégalités. Surtout quand on est orphelin.

Bon, vous l’aurez compris, une fois de plus, il n’y a aucun intérêt à creuser l’analyse chez les pauvres. Je dois d’ailleurs avouer que pour écrire une chronique, rien de plus chiant que les pauvres…

A la rigueur, s’ils ont de gros seins, on peut s’y attarder une minute. Je vous cite un exemple : dans ces familles, la solidarité intrafamiliale s’exprime avec des gestes simples : on s’offre du lait en poudre, on se fait des gâteaux, on donne des couches pour bébé. Donc, c’est à se demander pourquoi Nabila n’a pas osé demander des petites culottes à sa sœur.

En revanche, dans les familles aisées, la solidarité intergénérationnelle est beaucoup plus riche d’enseignements. Un économiste a fait le calcul : les transmissions d’argent entre générations s’élèvent en France à 200 milliards d’euros en 2012, soit 10% du PIB.

Dans la pratique, on connaît tous un cas de figure… En effet, pour conserver son logement, même Nicolas Sarkozy est allé voir mamy. Quant à Jean Tibéri, il pratique la solidarité familiale pour pouvoir léguer son logement de la ville de Paris à son fils.

Il n’y a que chez les Balkany qu’on se serre un peu moins les coudes. Et pour cause, le soir, on est un petit peu loin les uns des autres autour de la table de la salle à manger… en marbre de Carrare. Heureusement, les Balkany ont une conception de la famille élargie aux employés de maison, puisqu’ils sont aussi des employés municipaux, ça resserre les liens. D’autant plus quand ils vous accompagnent en vacances à Saint-Martin, c’est un terreau très favorable à la solidarité.

Chez les Dassault aussi on se recentre sur la cellule familiale. Sans doute une façon se s’habituer à la cellule pénitentiaire.

En Italie, un tiers des 30-34 ans vit encore chez ses parents, faute de moyens pour s’émanciper. Ils ont été baptisés les Bamboccioni. En France, ça existe aussi chez les riches, voyez par exemple Laetitia Hallyday ou Marie-Charline, restée vivre chez Pierre Moscovici.

Les riches en difficulté ont mis au point des mécanismes de solidarité familiale assez élaborés. Rachida Dati, par exemple, a construit une entraide familiale grâce au test ADN, qui lui permet de toucher une pension alimentaire. Histoire de mettre de la truffe dans les épinards.

Puisqu’on évoque la gastronomie, ce phénomène social s’exprime aussi dans le retour du repas familial le dimanche, entre les courses chez Castorama et Michel Drucker. Des repas qui se tiennent parfois en semaine au lieu d’aller au restaurant. Dans les grandes familles, on a l’embarras du choix, entre le repas chez Tante Jacqueline ou la mère Denis, une étoile au Guide Micheline, le guide de la solidarité chez les riches.

Et quand on pense à l’allongement de la vie, alors là, l’entraide avec les arrière-grands-parents n’offre que de belles perspectives. Pour afficher cette solidarité familiale et minimiser les coûts, on pourra d’ailleurs les enterrer dans le jardin.

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