Alain Minc est l'invité de Léa Salamé à 7h50...

Restez avec nous Alain Minc. Et si vous ne le faites pas pour moi, faites-le pour Dominique Seux, qui est tellement excité de vous voir, il m’a dit : « Tu verras, tu vas rencontrer un génie ! C’est le conseiller des patrons du CAC 40, c’est un prophète ! » Mais vous êtes plutôt un homme de l’ombre. Donc est-ce que ça va ? Pas trop de lumière dans le studio ? Non parce que la dernière fois qu’on a reçu Jacques Attali, il s’est chopé une conjonctivite. 

Et à l’Elysée vous êtes ce qu’on appelle de manière sibylline « un visiteur du soir »… Vous avez conseillé Mitterrand, Sarkozy, Macron... Vous avez vu défiler plus de présidents français qu’Angela Merkel ! Au Palais vous faites partie des meubles, on vous pose sur la cheminée, paraît-il. Par exemple, la semaine dernière Macron a déjeuné avec Sarkozy : c'est Alain Minc qui leur a conseillé le menu. Ils sont incapables de prendre une décision sans lui ! 

Vous, Alain, vous avez compris que pour vous faire entendre, il fallait « murmurer à l’oreille des puissants ». Mais ça, le peuple ne l’a pas compris : il crie sous les fenêtres des ministères… non, il faut murmurer… Après, quand on murmure, y’a que les idées de droite qui passent. Et comme les idées de gauche ça se crie, ben ça passe pas. Vous voyez, je comprends des choses à votre contact. 

Fait notable, les journalistes ne disent quasiment jamais de mal de vous. C'est l'avantage d’être le conseiller de Bolloré et de Lagardère. Même dans le service public on est gentil avec vous : vous avez été condamné deux fois pour plagiat, et nous on vous invite pour quoi ? Pour un livre !  

Cette accusation est une honte ! Alors que les auteurs auxquels vous avez emprunté quelques passages devraient se sentir flattés d’être récupérés par un homme tel que vous ! Et eux ils sont là : « gnagnagna il aurait pu mettre des guillemets » non mais ça ALOURDIT le texte les guillemets ! Et puis le but d'Alain c'est de faire circuler les idées, il est généreux, il est dans le partage, il est marxiste on vous dit ! 

Car oui, votre livre s’intitule « Ma vie avec Marx ». Etonnant ce titre. J'aurais plus pensé à quelque chose comme… « Moi et Marx ».  

C’est un ouvrage visionnaire, à votre image. D’ailleurs en 2008, vous aviez dit, je cite : « La crise est derrière nous »… Elle est de vous celle-là ? Vous ne l’avez pas piquée à madame Irma ? Vous auriez du. C’est peut-être pour ça que vous vous plantez régulièrement sur l’avenir. Si en vrac, y’a eu plantade sur la réélection de Chirac, la mondialisation heureuse ou la crise des subprimes. 

J’arrête là parce que je le connais mon Alain : dans cinq minutes il est dans le bureau de la direction, il va conseiller de me virer. Alors je termine sur une note positive. S’il y a bien un truc qu’on ne peut pas vous reprocher, c’est d’essayer. Et au fond c’est ce que vous êtes : un essayiste. 

  • Légende du visuel principal: Alain face à Charline © Radio France /
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