Le procès s’est ouvert hier dans l’affaire des sondages de l’Elysée…

Sous la Présidence Sarkozy, l'Elysée a commandé pour 7 millions 400.000 euros de sondages ! Donc là, si on interroge les Français, la majorité d’entre eux dira que c'est trop, on a déjà la réponse, hop, un sondage de moins, ça fera des économies. Le tribunal doit juger le fonctionnement des commandes, mais pas le contenu des sondages. Et c’est bien dommage parce que c’est drôle… 

Il y a une enquête d’opinion qui concerne « Un éventuel mariage avec Carla Bruni ». On se demande tous ce que cherchait à savoir Sarkozy : « Est-ce que je fais ma demande dans le Space Mountain ou dans la Maison hantée ? » Vous imaginez un peu si les sondages n’avaient pas validé Carla Bruni comme épouse ? On se serait peut-être retrouvés avec Zazie ou Jenifer ! Peut-être même que pour choisir le restau du premier rendez-vous, Sarkozy avait demandé de consulter un panel de cinq cents français pris au hasard. 

J’exagère à peine, puisqu’il a même commandé un sondage sur la grossesse de Rachida Dati. Mais quel genre d'info il est allé chercher, là ? C'était quoi la question ? « Pensez-vous que Rachida Dati va demander une péridurale ? » C’est ça qui devait faire avancer la démocratie ? Vous imaginez les conversations à l’Institut de sondages ? « Michel, y'a l'Élysée qui demande une étude sur le bébé de Rachida Dati, est-ce que c'est pas un peu limite niveau éthique ? » / « Ben je sais pas René… est-ce que c'est très bien payé ? » / « Ben Ouais ! » / « Ben ok, je me mets sur les questions tout de suite. » 

L’Elysée commandait aussi des sondages sur ses adversaires politiques. Là aussi c’était quoi les questions ? « Si vous deviez accrocher Dominique de Villepin quelque part, est-ce que ce serait : Petit a, à un cintre / Petit b, à un porte-manteau / Petit c, à un croc de boucher ? » Certains font trente minutes de sport par jour, ben Sarkozy c'était trente minutes de sondages par jour et ça lui permettait d'avoir un ego bien gainé. 

Il commandaient des sondages comme on commande des pizzas : un quart d'heure plus tard, il y a un type de l'Institut machin qui se pointe en scooter. C’est l’Uber-opinion-publique, on vous livre l'avis des Français en moins de vingt-quatre heures. En revanche, malgré les sept millions d'euros de sondages, y'en a pas un qui a vu venir la victoire de François Hollande. 

C'est dingue de voir à quel point Sarkozy semblait préoccupé par l'avis des Français, alors que dans sa façon de gouverner, on avait l'impression que c'était l'inverse. S'il voulait savoir ce que pensaient les citoyens, il n'avait qu'à lire ce qui était inscrit sur les pancartes dans les manifs ! Mais là bizarrement ça ne l'intéressait pas... Sans doute parce que c'était gratuit.   

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